Petit vide dans La Noirceur

Le DroitValérie Lessard 2/5

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Guillaume Kaminski vient de divorcer. Il a tout cédé à son ex-conjointe, sauf la garde de leur fille Daphnée, âgée de 15 ans. Parallèlement, il est en plus confronté au décès de son père... que Daphnée croyait déjà mort et enterré depuis belle lurette.

En héritant de l'ancienne maison familiale, Guillaume est contraint de révéler à sa fille le lourd passé qu'il traîne, et dont il avait jusque-là préféré la préserver: la disparition de sa soeur jumelle, 30 ans auparavant; et la dépression de sa mère, hospitalisée depuis.

Or, il semble que la maison où père et fille tentent de refaire leur vie contient encore des secrets à révéler, car les outils et boîtes de Ouija s'y déplacent tout seul, les portes s'y ouvrent et s'y referment à qui mieux mieux, les entités malines y rôdent la nuit. Si bien que Guillaume et Daphnée, quoique tous deux adeptes de films et de romans d'horreur (incluant ceux de Stephen King), ressentent de plus en plus une peur sourde, latente, entre ses murs...

On a toujours apprécié l'univers sombre et les dialogues particulièrement sentis de François Lévesque (la série Les Carnets de Francis, Une maison de fumée...), ses personnages en multiples teintes de gris, les ambiances troubles et troublantes dans lesquelles il les faisait évoluer, ses références au cinéma et à la littérature de genre ainsi qu'à la culture populaire. 

Si on retrouve tout ça dans ce nouveau titre, on reste néanmoins sur notre faim. Il manque un je-ne-sais-quoi, dans ce Noirceur nettement plus - pour ne pas dire trop - prévisible, tant sur la forme que sur le fond.

Certes, François Lévesque évoque ici les impacts du narcissisme (de la mère) et témoigne de la réalité adolescente avec passablement de lucidité (dans les échanges entre Daphnée avec sa meilleure amie Sophie, comme dans les hauts et les bas de la relation avec son père). Il n'en demeure pas moins que La Noirceur semble rester à la surface des choses, sans ouvrir de porte sur des enjeux sociaux contrairement à ses précédents romans. Dommage.

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La Noirceur, de François Lévesque

Alire, 256 pages

** 1/2

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