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L'auteure qui voulait rendre hommage à Stephen King

L'auteure Claudine Dumont adore les romans d'horreur, «pour... (François Roy, La Presse)

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L'auteure Claudine Dumont adore les romans d'horreur, «pour leur intensité d'émotions».

François Roy, La Presse

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Claudine Dumont adore les romans d'horreur, «pour leur intensité d'émotions». La petite fille qui aimait Stephen King de son deuxième roman, ç'aurait pu être elle, car à l'instar d'une de ses héroïnes, elle a découvert le maître du genre à l'adolescence et dévoré ses romans. Mais ladite petite fille, c'est plutôt Émilie, victime d'un accident qui viendra troubler la relation entre elle et sa soeur Julie. À l'extrême.

Atteinte d'autisme, Émilie est «différente». Seule Julie, de quelques années plus âgée, semble l'accepter telle qu'elle est. Elles grandissent entre un père qui a quitté la maison et une mère dépassée par la vie. Lorsqu'Émilie tombe dans un trou et en ressort catatonique, c'est donc Julie qui, entre deux cours au cégep, prend soin d'elle.

Émilie se met à faire des cauchemars... qui hantent aussi les nuits de sa soeur. Elle cesse de manger (ou presque)... Julie se prive aussi, rongée par son désir de comprendre ce qui arrive à sa cadette et de la sauver.

«Je m'intéresse depuis longtemps au cerveau humain, à son fonctionnement, explique Claudine Dumont. Il m'apparaît incroyable qu'on puisse aller dans l'espace et créer des clones, mais que certaines zones du cerveau demeurent des territoires inconnus. C'est un terrain de jeu fascinant pour moi!»

Mais si elle se sentait a priori «assez confiante» de maîtriser les rouages du roman d'horreur pour en signer un, l'auteure a dû se résoudre à adopter le thriller psychologique en cours de route. «J'ai néanmoins cherché à provoquer des émotions fortes, en puisant dans ce qui m'affecte, moi... comme mon aversion des vers de terre, qui me donnent la chair de poule», avoue-t-elle sans gêne, lorsqu'on évoque certaines scènes à la King.

Cela ne l'a surtout pas empêché de faire 13 clins d'oeil à ce dernier et à son oeuvre dans son roman, qu'elle met tout amateur de l'Américain au défi de relever. «L'un d'eux est la marque de la voiture que le père de Julie lui offre: il s'agit du même modèle que dans Christine», cite en exemple Claudine Dumont, qui se garde bien d'en révéler plus.

Questions d'amour

L'enseignante de métier entame toujours ses romans en connaissant la fin de son histoire. Toute son écriture tend alors vers cette fin. «J'ai toujours une question qui sert de base à mon projet, et j'y reviens du moment que j'ai l'impression de me perdre.»

Pour son premier roman, Anabiose, elle s'était demandée si «on pouvait amener une personne à ressentir de l'amour pour une autre en les plaçant dans une situation où elles se retrouvent seules face à elles-mêmes et l'une face à l'autre».

Pour y répondre, elle avait kidnappé Emma au terme d'une énième soirée passée à se noyer dans la tequila, puis enfermée dans une cellule. Où Julien, également en perte de repères et en colère, était catapulté à son tour.

Cette fois - et dans des effets de plume à la renouvelés et déjà familiers -, l'auteure se questionnait sur la pérennité de l'amour. «Pourquoi l'amour ne tient pas le coup dans l'épreuve? Je voulais voir jusqu'où une personne accepterait d'aller par amour.»

Or, dans le monde d'aujourd'hui où les couples se défont aussi vite qu'ils se forment, Claudine Dumont était consciente qu'elle ne pouvait faire interagir un homme et une femme dans une telle dynamique. «Un couple n'aurait tout simplement pas été crédible, soutient-elle. Pas plus qu'un parent qui, à un moment donné, aurait eu le recul et l'expérience de vie pour évaluer ce qui est en train d'arriver à Émilie.»

Elle a donc opté pour un tandem de soeurs, complices jusqu'à la limite.

«Il faut croire que j'adore les duos, les huis clos et les relations intenses: la trame du troisième roman sur lequel je travaille en ce moment tourne autour de deux personnes dans une maison isolée. Pour être honnête, je crois que c'est juste parce que ma tête exploserait si j'avais à gérer trop de personnages, comme dans Game of Thrones!» lance Claudine Dumont en riant.

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