Le pois(s)on de Garlick

Le DroitValérie Lessard 2/5

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Patrick s'enlise dans une vie ternie par la routine et l'ennui. Il est célibataire, exerce un métier l'ayant déjà emballé (au point de croire qu'il pouvait réellement faire une différence dans la société), mais pour lequel sa flamme s'étiole de plus en plus vite.

Or, il vient de gagner une croisière... qui sera loin de l'amuser. Car en cherchant à prendre la défense de Claire, la jolie serveuse, Patrick subit une raclée, passe par-dessus bord et se réveille dans la vessie natatoire d'un poisson.

Dans cet étrange endroit où le temps est suspendu, nageant quelque part entre la vie et la mort, il croise une galerie de personnages étranges, dont Edward, l'aristocrate anglais plus que centenaire et porté sur l'alcool; une Fillette, que Patrick ne réussit à comprendre qu'après avoir ingurgité un breuvage aux étonnantes vertus; le guerrier maori Anewa et la Sorcière du Marais Yaela. Et y retrouve la fameuse Claire.

Le Montréalais Dean Garlick se permet des clins d'oeil au chat de Cheshire d'Alice au pays des merveilles, et des références concrètes au séjour de trois jours de Jonas dans la baleine, en créant un univers parallèle éclaté empruntant autant à l'esprit de Lewis Carroll qu'au questionnement existentiel dudit Jonas dans la Bible.

Ainsi, entre ses pérégrinations dans le Tas (où les poupées Barbie côtoient les squelettes de 113 esclaves noirs enchaînés) et son apprentissage quasi désinvolte de l'oud, Patrick s'interroge sur le sens à donner à son existence.

Ce faisant, il se prend à douter de vouloir remonter à la surface, se complaisant de plus en plus dans ce lieu plutôt réconfortant - et ce, même si l'intérieur du poisson rappelle le monde extérieur sous plusieurs aspects, avec ses zones malfamées et sa Conteuse entretenant la peur au sein d'une partie de la population, par exemple.

D'ailleurs, certains passages sont empreints d'un ton moralisateur qui agace.

Même la finale du roman, qui surprend a priori, relève du prévisible.

--

Le Poisson, de Dean Garlick

Les Allusifs, 232 pages

** 1/2

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