Millenium 4, dans le mille!

Le quatrième volet de la série Millenium est... (Miguel Medina, AFP)

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Le quatrième volet de la série Millenium est sur les tablettes depuis cette semaine.

Miguel Medina, AFP

Le DroitValérie Lessard 4/5

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La sortie de Ce qui ne me tue pas, quatrième volet de la saga Millénium, était aussi attendue que controversée. Nonobstant la polémique sur le sujet, un constat s'impose après lecture: David Lagercrantz propose une suite haletante, à la fois respectueuse de l'univers de Stieg Larsson et ouvrant de nouveaux horizons.

Tout, dans l'entreprise d'offrir un prolongement aux trois tomes de Millénium, a pris des airs de saga. Le débat moral de faire reprendre du service à Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander sous la plume d'un autre auteur à peine 10 ans après la mort subite de Stieg Larsson. Comme la longue bataille juridique que se sont livrées la veuve et conjointe pendant plus de 30 ans de ce dernier, Eva Gabrielsson, et les héritiers de l'écrivain (soit son père et son frère, Larsson n'étant pas marié), entre autres sur les importants droits d'auteurs découlant des ventes de la trilogie originale.

Certes, on peut se questionner sur les motivations des ayants droit Erland et Joakim Larsson, ainsi que de l'éditeur suédois de Millénium (en difficultés financières), de proposer au journaliste et auteur David Lagercrantz de relever le défi d'écrire cette suite...

Ce serait toutefois bouder son plaisir que de boycotter Ce qui ne me tue pas.

David Lagercrantz a réussi à s'approprier l'univers de Stieg Larsson sans dénaturer ses personnages (incluant Palmgren et Plague, par exemple), ni l'esprit de sa trilogie, mais il lui a donné une dimension élargie, en envoyant de nouvelles personnalités dans la mêlée (tels Ed the Ned et Gabriella Grane), et en ancrant son intrigue dans une réalité résolument d'actualité, plus globale.

Alors que Mikael et Erika s'inquiètent (de nouveau) de la santé financière de leur magazine Millénium, Lisbeth réussit à infiltrer l'intranet de la National Security Agency (NSA) américaine. Et pendant que Mikael se trouve (encore!) mêlé à un meurtre (celui de Frans Balder, une sommité en intelligence artificielle), Lisbeth, qui n'a rien perdu de son côté justicier, s'intéresse aux ramifications d'une dangereuse araignée sur la Toile... Inéluctablement (et pour le plus grand plaisir de tous), leurs chemins vont se recroiser, tant dans la violence que dans leur quête de vérités sur ce que cherchait à protéger Frans Balder.

Espionnage industriel, dérapages de la surveillance électronique et la cueillette de renseignements; avenir du journalisme d'enquête et portée de l'intelligence artificielle (et celle d'un certain enfant autiste); mathématiques poussées aux limites des connaissances (voire de la compréhension du lecteur, parfois): David Lagercrantz entremêle fort efficacement les débats d'idées chers à Stieg Larsson, dans des intrigues parallèles et denses qui se font écho, qu'il enracine en Suède, mais auxquelles il a su donner une envergure internationale.

Au passage, David Lagercrantz lève de nouveaux pans du trouble passé de Lisbeth. Qui laissent toutes les portes ouvertes pour un éventuel cinquième titre.

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Ce qui ne me tue pas, de David Lagercrantz

Actes Sud, 490 pages

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