La thésarde qui bullait

Dans Carnets de thèse, Tiphaine Rivière retrace son parcours de doctorante...

Agrandir

Dans Carnets de thèse, Tiphaine Rivière retrace son parcours de doctorante à la Sorbonne.

Le DroitMaud Cucchi 4/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'est un de ces livres que l'on a immédiatement envie d'offrir à ses proches. Surtout à ceux qui sont inscrits en thèse ou en maîtrise. Tiphaine Rivière retrace, dans Carnets de thèse, son parcours de doctorante à la Sorbonne.

Ce n'est pas un secret: le prestige du diplôme n'a d'égal que le chemin de croix pour y parvenir. Les lecteurs qui auront fréquenté la vénérable institution reconnaîtront bien des situations dépeintes: les secrétaires aussi amènes que des cerbères, le casse-tête des dossiers à remplir, les heures impossibles d'ouverture des bureaux. Ça vous rappelle quelque chose? Cette bande dessinée qu'elle illustre et écrit seule s'adresse plus largement à tous ceux qui auront fréquenté une université. Les situations largement tournées en dérision servent de prétexte à l'auteure pour analyser les tourments d'une tête chercheuse. C'est féroce et hilarant, à dévorer d'une traite!

Enseignante dans un collège difficile, Jeanne Dargan reçoit un jour un courriel de l'université convoitée: son projet de recherche est accepté. Seul hic: elle n'a pas obtenu de financement pour ses études. Commence alors le calvaire d'une thésarde qui doit s'autofinancer, gérer l'incompréhension familiale tout en débutant ses recherches. Et courir après son directeur de thèse qui fait tout pour esquiver ses étudiants. Kafkaïen comme situation? C'est justement Kafka que la jeune femme a choisi comme sujet de thèse...

Ces Carnets de thèse racontent avec justesse et humour le quotidien d'une doctorante en littérature. Son emploi du temps déborde: il doit inclure les quelques cours enseignés à l'université (et sous-payés, avec six mois de retard, voire pas payés du tout), leur préparation, son travail parallèle de secrétariat pour financer ses études, des publications dans des revues spécialisées, sans compter ces heures de recherche passées à «ficher des ouvrages» à la bibliothèque. Quant à son amoureux, il lui est d'une grande utilité quand il lui propose de l'héberger gracieusement, mais plus du tout à partir du moment où il lui reproche de ne pas faire la vaisselle et de laisser traîner ses affaires.

Et vous, votre thèse?

En trame filtre le roman noir de l'université: sombres luttes de pouvoir entre mandarins, détresse d'étudiants mal dirigés, absurdités administratives... En définitive, Tiphaine Rivière a peut-être échoué sa thèse (apprendra-t-on dans les remerciements), mais réussit brillamment l'exercice de la bande dessinée. En refermant le livre, tout lecteur y réfléchira à deux fois avant de demander au copain: «Et ta thèse, elle en est où?»

---

Carnets de thèse, de Tiphaine Rivière.

Seuil, 180 pages

****

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer