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Le Petit Robert: nouvelle cuvée, nouvelles entrées

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Quel point commun entre un ninja, un libertarien, un photoreporteur et un adulescent? Aucun, si ce n'est l'entrée officielle de ces néologismes dans le dictionnaire.

Sortie en librairies en juin, la cuvée 2016 du Petit Robert compte environ 150 nouveaux mots. Le célèbre volume donne ainsi un billet d'entrée au terme déconnade, défini sans surprise comme le fait de déconner [lui-même apparu à la fin du XIXe siècle], tout en faisant la part belle à l'évolution numérique qui s'enrichit notamment des mots mégadonnées, webdesigner et cybersexe. 

Au chapitre des néologismes anglophones, le bitcoin trouve sa définition officielle en tant qu'«unité monétaire en usage sur Internet», tout comme le biopic, mot-valise désignant «un film retraçant la vie d'un personnage célèbre».

Ouvert sur la francophonie, Le Petit Robert accueille les québécismes autophoto et égoportrait, variantes à selfie intégré au dictionnaire l'an dernier.

«Le Québec est plus créatif que la France pour trouver des traductions aux mots empruntés à l'anglais», remarque Édouard Trouillez, lexicographe et porte-parole des dictionnaires Le Robert 2016.

Du Québec - qui inventa récemment le courriel, on retrouvera également les entrées cossin (babiole, petit objet de peu de valeur), tapocher (donner des coups à), partisanerie ou encore galipote (présenté dans la locution «courir la galipote»: rechercher les aventures amoureuses).

Le Robert rend compte de la langue française telle qu'elle est pratiquée dans le monde, par exemple en Polynésie d'où provient fiu, mot tahitien qui signifie grande lassitude («cela lui fiche même un sacré coup de fiu»).

Climatosceptique et covoitureur voisinent à la lettre c, tandis que beuh (marijuana) coudoie l'onomatopée bim en b.

L'un des secteurs les mieux réapprovisionnés demeure la gastronomie, avec, au menu, un repas déjeunatoire composé de lomo, yuzu, kalé, courge butternut, foccacia et chapati dans la corbeille à pain. Le fameux shot digestif trouve enfin toute sa légitimité dans le dictionnaire.

«L'enrichissement du champ lexical de la gastronomie reflète le multiculturalisme de notre époque, poursuit M. Trouillez. Nos restaurants proposent une cuisine du monde entier, ce qui était moins le cas il y a 10 ou 20 ans.»

Dolan fait son entrée

Parmi le nouveau cru des personnalités, figurent les hommes politiques canadiens Philippe Couillard et Justin Trudeau. Double consécration pour le cinéaste Xavier Dolan, qui après avoir obtenu le prix du jury du Festival de Cannes pour Mommy est présent dans l'édition 2016 du dictionnaire aux côtés d'autres réalisateurs nouvellement intronisés: Danny Boyle, Nuri Bilge Ceylan et David Fincher.

Demeure le problème délicat du choix des nouveaux mots et noms propres. Il est confié à une équipe de lexicographes dont fait partie M. Trouillez depuis trois ans. Au total dans son édition 2016, la vénérable maison française a évalué 600 unités pour n'en retenir que le quart environ. Deux correspondants du Québec lui ont proposé leur liste, tandem dont a fait partie Guy Bertrand, conseiller linguistique de la radio française de Radio-Canada.

Comment s'opère leur sélection  «Nous évaluons le nombre d'occurrences d'un mot, la variété des sources, sa popularité aussi.» Si la définition demeure encore floue, le mot sera retoqué, pour être éventuellement soumis de nouveau ultérieurement. «Big data avait déjà été observé l'an dernier, mais il a pris tellement d'ampleur cette année que nous ne pouvions le rejeter.»

Les nouvelles technologies s'invitent tout naturellement au chapitre commercial: tout achat d'un dictionnaire est couplé avec un accès gratuit à la version numérique enrichie de compléments encyclopédiques.

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