L'univers parallèle des Minions

«Le cerveau d'un poisson rouge mixé à la gentillesse d'un petit nounours»:... (Courtoisie)

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Courtoisie

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«Le cerveau d'un poisson rouge mixé à la gentillesse d'un petit nounours»: voilà comment le dessinateur Renaud Collin perçoit les «sympathiques» Minions, auxquels il prête vie dans la bande dessinée Banana!.

Excroissance des longs métrages d'animation Détestable moi, ce premier volet d'un diptyque commandé par Dupuis atterrit en librairies au moment même où le film Les Minions, lui, arrive au cinéma.

Un «hasard» - sûrement bien calculé par la maison d'édition - qui ne fait pas moins de la BD signée Collin et Didier Ah-Koon (aux scénarios) «un univers parallèle», tient à préciser d'emblée le créateur belge.

«Il ne s'agit pas d'une adaptation des premiers longs métrages, mais bien de gags originaux. De toute façon, renchérit Renaud Collin en rigolant, je n'ai pas encore vu Les Minions et nous avions déposé les deux bandes dessinées bien avant la sortie de ce film.»

Cela ne l'a toutefois pas empêché de regarder «assidûment» les précédents Détestable moi (le dessinateur a aussi eu accès aux esquisses originales de même qu'aux «bandes rush»), afin de pouvoir faire vivre les petites créatures jaunes à salopettes sous ses propres coups de crayons et de souris d'ordinateur. Et ce, à sa manière.

«Je n'aurais pas accepté ce mandat si, à la base, je n'avais pas été convaincu que ces personnages sont une réussite graphique. Mais je n'aurais pas accepté non plus si je n'avais pas pu les réinventer un peu, notamment en retravaillant leurs expressions et en réinventant les machines et armes qu'ils manipulent, par exemple», affirme M. Collin.

Ce dernier (Le Monde selon François) a été choisi par Dupuis parce qu'il possède «un style graphique proche de la 3D». Il a été jumelé au scénariste Didier Ah-Koon, qui, de son côté, a oeuvré aux scénarimages (storyboards) des Détestable moi chez Illumination France.

«Parce que le langage de la BD doit avoir sa propre cohérence, Didier et moi avons conçu des gags muets, qui tiennent sur une page et mettent de l'avant l'esprit de ces personnages qui agissent sans réfléchir aux conséquences.»

À preuve, les deux «peintres» qui se retrouvent «pris» au centre d'une pièce au terme de leur travail. Ou encore la tendance à la surenchère de ces drôles d'ouvriers souterrains.

«Les Minions sont sans malice et sans ruse, qu'ils s'amusent ou qu'ils travaillent. Nous n'avons donc pas cherché à miser sur les personnalités de Bob, Kevin et Stuart. Nous avons plutôt joué sur les situations.»

Derrières, mais pas devant!

On a déjà vu les fesses de quelques Minions sur grand écran. Et ils portent tous, par ailleurs, des prénoms masculins. Or, il n'est pas question de les «sexuer» dans une bande dessinée pour autant, a appris Renaud Collin en cours de création.

«Dans l'un des gags (du deuxième album, à paraître plus tard cette année), un Minion perdait sa serviette. Je lui avais dessiné un petit zizi... que j'ai dû retirer. Pourtant, je trouve beaucoup plus vulgaire de voir l'un d'entre eux se trémousser jusque dans un bain à remous, vêtu d'un seul string, dans la bande-annonce du film d'animation les mettant en vedette!»

C'est cependant la seule «censure graphique» à laquelle le dessinateur belge a fait face de la part de Universal, les véritables détenteurs des droits sur les Minions.

Affaire de droits d'auteur

Si, pour Universal, ces bandes dessinées représentent une autre façon d'exploiter la licence Minions, il n'en va pas de même pour Renaud Collin: «Sur le plan purement pragmatique et légal, tout ce que je dessine ne m'appartient pas: ça appartient à Universal.»

Cela ne lui pose pourtant aucun problème de conscience. «Je dois faire ce qu'il faut pour vivre», mentionne l'artiste qui a accepté le contrat pour gagner des sous, certes, «mais surtout parce que j'aimais vraiment les personnages». «Je veux aussi profiter de cette visibilité pour faire connaître mes autres séries, plus personnelles.»

Pour le moment, le contrat avec Universal fait état de deux albums. «Je demeure néanmoins partant pour un troisième», soutient celui qui touchera des droits d'auteurs pour deux ans seulement sur ces BD.

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