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Voir la police avec une autre oeil avec les Cochons rôtis

Simon-Pierre Pouliot... (Courtoisie)

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Simon-Pierre Pouliot

Courtoisie

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Ils se prénomment Victor, Victor-Hugo ou Vicenzo. Ils vivent dans une Cité-État apocalyptique sur les rives du Saint-Laurent, gèrent une imprimerie dans le Québec de 1919 ou dans un Montréal de 2016 mis à feu (de façon spectaculaire) et à sang (le mauvais, celui qu'on se fait quand on craint pour soi et ses proches) par un tueur de policiers. Tous répondent au prénom de Vic, pour les intimes. Vic comme Verdier.

Vic Verdier, qui a déjà habité dans L'appartement du clown (2010) avant d'ouvrir le Moderne cabaret (2012), dans une autre vie.

Vic Verdier, qui signe aussi les romans le mettant en scène.

Bref, un personnage et un pseudonyme derrière lesquels prend de plus en plus plaisir à se cacher l'auteur Simon-Pierre Pouliot, qu'il se balade dans le roman à saveur autobiographique, le thriller historique, la science-fiction aux effluves steampunk (L'Empire Bleu Sang) ou, avec son cinquième et plus récent Cochons rôtis, dans le roman policier teinté de noir.

« Ma conjointe est policière. Cette vie-là, je la connais par ses yeux et ceux de ses collègues. J'ai voulu plonger dans le monde du 'bleu', du patrouilleur », explique l'écrivain.

Rien ne va plus pour Vic Verdier. L'agent vient d'être recalé à l'examen de sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Dans les jours qui suivent, son amoureuse, également policière, est tuée de manière particulièrement percutante : Mélanie a été menottée au volant de son auto-patrouille, à laquelle on a ensuite mis le feu. Verdier aurait-il pu par dépit s'en prendre à Mélanie, qui avait réussi l'examen, elle ? Enquêtait-elle sur quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir au point de la faire rôtir ainsi, enflammant du même coup les médias et réseaux sociaux ? Et si Mélanie avait été prête à tout pour gravir les échelons ?

La police de l'intérieur

« J'ai utilisé ce que je sais vrai et réaliste comme moteur pour mon polar et rendre compte du milieu de la police de l'intérieur. Je voulais aussi rappeler que ces gens-là sont du monde ordinaire, qui peuvent répondre à un appel de détresse en étant eux-mêmes en détresse, parfois. »

Telle la partenaire de Verdier, la jolie Jessy (qui n'apprécie toutefois pas son surnom de

Barbie), qui se découvre enceinte alors qu'elle vient d'être plaquée, par exemple. Ou Karl, dit

Robocop, membre d'une dynastie de policiers gradés. Ou Yvon « la gâchette » Devost, qui a abattu le plus grand nombre de criminels à Montréal. Ou encore Charles Duvernay qui - « à l'instar d'hommes que j'ai vus », confie Simon-Pierre Pouliot - se sont fait tatouer leur sentiment d'appartenance à la police sur le corps.

L'auteur évoque aussi, par la bande, la tension avec laquelle doivent composer les policiers sur le terrain. Notamment en envoyant Vic Verdier consulter un psychologue.

Or, plutôt que de prendre rendez-vous avec ledit psy, Verdier choisit de lui écrire (polar dans le polar) ses tentatives pour retracer l'assassin de Mélanie...

« On donne aux policiers le monopole de la violence, et ça peut devenir un peu toxique. Car il y a quelque chose de fragile dans le fait de devoir pratiquer la loi au quotidien », fait valoir Simon-Pierre Pouliot.

Son polar soulève justement toute la question de ce qui est juste par contraste à ce qui est légal. Autant d'enjeux moraux que M. Pouliot entend creuser en installant quelques caméras de surveillance sur les uniformes de ses policiers fictifs pour un projet pilote, dans la suite de Cochons rôtis, qui sera intitulée Faces de boeufs.

Coup de chapeau à son aïeul

Simon-Pierre Pouliot a opté pour son pseudonyme en hommage à son grand-père, Jean-Pierre Pouliot (dont il fait un pour le moins étonnant personnage, dans Cochons rôtis).

« Mon grand-père avait des goûts d'artiste, mais il ne croyait pas qu'il pouvait faire de la musique, sauf sous un nom d'emprunt. »

Le premier Vic Verdier a donc signé... des paroles et compositions dans les années 1960. « J'ai quelque 45 tours de lui, à la maison ! » clame fièrement le petit-fils.

Le trentenaire a depuis enfilé le pseudonyme de son aïeul « comme une cape de Zorro ».

Primo, pour « au moins avoir quelque chose de sympathique à raconter autour de mon premier roman » (paru en 2010) ! avoue-t-il sans gêne.

Deuxio, pour cultiver les liens entre chacun de ses titres, par le nom de son « héros », qu'il décline dans tous ses projets, peu importe le genre littéraire choisi.

Vic aurait d'ailleurs pu être le diminutif de Victoire, dans Cochons rôtis. « Barbie avait tout ce qu'il fallait pour être une Vic, mais je ne suis pas encore rendu là, dans mon écriture. Qui sait ? Ça viendra peut-être... »

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