Sombrer dans le crime avec Maureen Martineau

Avec Une église pour les oiseaux, la Gatinoise d'origine... (Courtoisie)

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Avec Une église pour les oiseaux, la Gatinoise d'origine Maureen Martineau trempe sa plume dans le roman noir. Très noir.

Courtoisie

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Un petit village. Une mairesse aux prises avec un détonnant propriétaire de zoo. Un crime particulièrement sanglant qui fait inexorablement basculer l'existence d'une jeune escorte. Et des martinets ramoneurs cherchant à tout prix à s'envoler vers le sud. Avec Une église pour les oiseaux, la Gatinoise d'origine Maureen Martineau trempe sa plume dans le roman noir. Très noir.

«Disons que je n'ai pas l'habitude de crimes aussi sordides!» lance en riant l'auteure de la série d'enquêtes «plus traditionnelles» de Judith Allison, dont les deux premiers volets ont été publiés à La courte échelle.

Cela ne l'a pas empêchée d'accepter la commande de la maison d'édition Héliotrope. Patrice Lessard (avec Excellence Poulet) et elle sont récemment devenus les deux premiers auteurs publiés dans la nouvelle collection de la maison, désireuse de se positionner dans ce créneau littéraire.

Maureen Martineau n'avait qu'une seule consigne à respecter, outre l'esprit du genre: «Il fallait partir d'un lieu réel et ancrer notre histoire dans ce territoire.»

Elle a donc d'abord cherché un village, «le genre éloigné des routes, où on n'atterrit pas sans l'avoir voulu». Elle a opté pour Ham-Sud, en Estrie. Notamment à cause de son église abandonnée - «où elle a vite installé Hermann Fiesch et son zoo». Et de la cheminée de ladite église, où elle avait vu se réfugier des oiseaux.

«Je ne connaissais pas les martinets ramoneurs, qui ont pour particularité de ne pas pouvoir se percher aux branches à cause de leurs pattes trop courtes. Avec leurs griffes, ils s'agrippent aux pierres ou aux briques des cheminées, entre autres. Je n'aime pas vraiment les animaux, mais j'ai éprouvé un coup de coeur pour ces oiseaux!»

Au point d'en faire des personnages à part entière dans son roman. «J'ai parfois eu l'impression, en cours d'écriture, de mélanger un conte pour enfants au milieu d'un polar vraiment noir, confie Mme Martineau. Mais j'aimais leur point de vue sur l'histoire: ils sont non seulement témoins du crime, mais ils sont aussi victimes d'une catastrophe environnementale qui installe un climat d'urgence et les rend prisonniers du village, à l'instar des humains.»

Voix multiples

Les voix de Pelé et Oisillon s'ajoutent à celles d'Hermann Fiesch, de la mairesse Roxanne Pépin et de son fils, Louis-Étienne. Sans oublier Jessica, sous l'emprise de Dave.

En jouant du huis clos et en multipliant les voix de la sorte, la femme de théâtre (qui a déjà signé sous pseudonyme des poèmes dans les pages du Droit à l'adolescence et qui a réorienté son écriture vers le roman, il y a environ cinq ans) est loin de renier son parcours sur et hors scène.

«J'aime varier les perspectives et les constructions complexes. Le lecteur doit ainsi reconstruire l'histoire», soutient l'ancienne comédienne, metteure en scène et auteure du Théâtre Parminou.

Par-delà la forme, demeure le fond. Sombre. Tant dans le ciel, rendu toxique, que sur terre, où la mort rôde aussi. Pour les besoins d'Une église pour les oiseaux, l'auteure a revisité deux crimes survenus à quelques années d'intervalle dans sa région d'adoption, le Centre-du-Québec. Ici, l'un empêchera l'autre...

«Je me suis surtout intéressée à la mécanique de la violence, explique Mme Martineau. En m'inspirant d'un des faits divers, j'ai voulu comprendre comment une jeune femme pouvait sombrer dans le crime en l'espace de 24 heures. Mon roman est, en quelque sorte, un voyage à travers ce crime particulièrement sordide. Un voyage qui nous fait comprendre comment la violence subie par Jessica a fait d'elle une bombe prête à exploser...»

«Tuer est le plus tranchant des couteaux. Il te coupe de ta propre espèce», soutiendra «l'héroïne» de l'histoire.

«J'ai aimé toucher au roman noir parce que je suis fascinée par les criminels ordinaires, c'est-à-dire par ceux qui ne l'étaient pas hier et qui le deviendront soudainement demain, fait valoir Maureen Martineau. Mais j'ai quand même hâte de retourner aux enquêtes de Judith Allison: c'est un monde plus confortable pour moi!»

Le troisième tome de sa série de romans policiers, dont la sortie est prévue à l'automne chez VLB, entraînera son personnage dans les coulisses du pouvoir politique.

Dans les pas de Wallander et Blomkvist

Jointe chez des amis à la campagne en plein coeur de la Suède, Maureen Martineau revenait d'une promenade à Ystad, là où Kurt Wallander mène la plupart de ses enquêtes dans les romans d'Henning Mankell qu'elle a tous dévorés en amateure invétérée de polars qu'elle est.

«À le lire, j'avais l'impression qu'Ystad était une grosse ville, alors que c'est tout petit! C'est si agréable de pouvoir te balader comme ça, en suivant un parcours qui te permet de visiter le décor de romans que tu as lus!» lance la visiteuse d'un ton ravi.

«Je me suis même mis les pieds dans le sable sur le bord de mer où Wallander va réfléchir quand il a besoin de faire le point sur ses enquêtes», avoue-t-elle en riant.

L'auteure de romans policiers se préparait à se lancer aussi dans les rues de Stockholm, cette fois sur la piste de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, les célèbres personnages de la trilogie Millenium de Stieg Larsson.

«Chaque fois, c'est comme une course aux trésors!» souligne Mme Martineau, qui a déjà suivi ainsi les pas de Jack l'éventreur, à Londres. Elle se réjouit d'ailleurs que la ville de Québec ait maintenant son parcours «Maud Graham», en hommage au populaire personnage de Chrystine Brouillet.

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