Legardinier, un auteur «accro» à l'humain

L'auteur Gilles Legardinier perçoit son rôle comme celui... (Courtoisie)

Agrandir

L'auteur Gilles Legardinier perçoit son rôle comme celui d'un compositeur, doublé d'un chef d'orchestre. «Une fois que je sais quelle musique je veux entendre, je choisis les instruments avec lesquels j'ai envie de jouer.»

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour Gilles Legardinier, le dépit amoureux a pris les traits de Marie, dans son plus récent roman Ça peut pas rater!, publié chez Fleuve éditions. Une Marie qui plonge dans le désarroi d'être ainsi larguée par son petit copain. Avant de se retrousser les manches: d'abord dans l'espoir de se venger; ensuite, dans celui de renouer avec le bonheur.

«Mes personnages naissent vraiment d'un sentiment que j'éprouve. Du coup, je vais vers le catalyseur du sentiment que je veux partager», explique l'auteur français.

En fait, il perçoit son rôle comme celui d'un compositeur, doublé d'un chef d'orchestre. «Une fois que je sais quelle musique je veux entendre, je choisis les instruments avec lesquels j'ai envie de jouer.»

Autour de ladite Marie, donc, gravite une colorée galerie de collègues (dont un poseur de patates dans les pots d'échappement de certaines voitures!), mais aussi Émilie, son éternelle complice, son ex-petit ami (l'infâme Hugues) et sa nouvelle conquête (l'étonnante Tanya), sans oublier sa famille.

«J'aime les points de bascule, qui sont des moments fondateurs. Marie en vit justement un. Ce sentiment d'abandon qu'elle ressent, quand Hugues la plaque, j'ai dû me demander à quel âge on peut le vivre, qui est là, autour de soi, quand ça arrive, etc. Les personnages naissent par la suite en cohérence avec cette prémisse», renchérit l'auteur.

Le potentiel de l'autodérision

Et il les fait dès lors tous évoluer à travers des situations parfois abracadabrantes, pleinement assumées. Car l'humour occupe une part importante, dans ses histoires.

«L'autodérision ne permet rien, en écriture, sinon un regard différent sur des événements qui pourraient, à la base, s'avérer pour le moins banals: une rupture amoureuse, des employés qui craignent de perdre leur boulot à cause de la rationalisation dans leur petite entreprise... Or, l'humour, dans la vie, et plus encore notre capacité à rire de nous-mêmes, nous permet souvent de survivre au pire», croit fermement Gilles Legardinier.

Ce dernier a débuté sa carrière sur les plateaux de cinéma, «parce qu'il s'agissait de l'émotion la plus collective».

«Et puis, j'étais un garçon, donc un mauvais lecteur!» prétend-il en éclatant de rire.

Ce qui ne l'a pas empêché de publier deux romans destinés aux jeunes lecteurs (Le Sceau des maîtres; Le dernier géant), deux thrillers (incluant L'Exil des Anges, Prix SNCF du polar en 2010), avant de se lancer dans la comédie, veine dans laquelle s'inscrit justement Ça peut pas rater!.

Mais peu importe le type de projets auquel il s'attaque, le Français carbure «aux rapports humains».

Murmurer à l'oreille des lecteurs

Pour celui qui continue parallèlement d'oeuvrer dans le milieu du cinéma (il planche d'ailleurs à l'adaptation de son roman Complètement cramé!), écrire relève justement de l'intime.

«Pour moi, la littérature, c'est murmurer à l'oreille des gens. C'est me tailler une petite place dans leur quotidien, car ils peuvent transporter l'un de mes livres avec eux dans leur lit, le glisser dans le fond de leur sac à main pour le sortir dans le bus. Seul un livre permet une telle proximité!» clame fièrement Gilles Legardinier.

D'ailleurs, l'auteur déplore qu'Internet et les médias sociaux, ces «sources de solitude qui nous distraient de notre humanité», aient pris autant de place dans le quotidien de la majorité.

«Je n'ai pourtant pas vu de gens plus heureux parce qu'ils se retrouvent sur Facebook... dit-il en soupirant. Ne nous leurrons pas: des milliers d'amis virtuels ne vaudront jamais le réconfort d'une main sur l'épaule quand on en a besoin.»

C'est peut-être à cause de ça que Marie reçoit de véritables lettres anonymes qui la mettent tout en émoi?

Gilles Legardinier rigole un brin, craint de vendre une mèche, avant de confier que «c'est le type de lettres que j'aurais aimé savoir écrire à celle qui est, depuis, devenue ma femme».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer