Place aux femmes et au dialogue

L'auteur Marek Halter... (Courtoisie)

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L'auteur Marek Halter

Courtoisie

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Marek Halter craint une possible guerre de religion «pour bientôt». L'auteur n'en continue pas moins de croire en deux choses pour contrer la violence: les femmes et le dialogue.

«Comme on ne peut pas vivre sans espoir, on retourne à Dieu, à un monde marqué, dominé par les religions. Dans ce contexte, dialoguer entre religions devient urgent. Mais comment leur parler et les valoriser? En s'adressant aux femmes, en leur donnant la place qu'elles méritent, surtout dans l'islam», fait valoir Marek Halter d'un ton ferme.

«Cela dit, on ne peut valoriser l'autre si on ne le connaît pas. Et pour le connaître, il faut s'y intéresser vraiment», renchérit-il du même souffle, de son bureau parisien.

Depuis les débuts de sa prolifique carrière d'écrivain, c'est ce que ce juif d'origine polonaise et Français d'adoption fait: comprendre ses racines, s'ouvrir aux autres, pour mieux partager ensuite ce qu'il a appris dans ses livres.

Marek Halter a notamment signé La Mémoire d'Abraham et Le Messie ou encore Les Mystères de Jérusalem et Le Vent des Khazars. Il a publié La Bible au féminin, série de titres dans lesquels il s'est intéressé à Sarah, Tsiporra et Lilah, de même que Marie, vendus à plus de 800 000 exemplaires.

«Fatima montait à cheval et maniait le sabre pour protéger son père, Mahomet. Il est ridicule qu'en Arabie saoudite, ses descendantes ne puissent même pas conduire une voiture de nos jours! C'est ne rien comprendre de l'islam...»

Marek Halter
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À présent, il lève le voile sur Les femmes de l'islam, avec Khadija et Fatima.

Riche femme d'affaires, la veuve Saïda Khadija bint Kowaylid a embauché Muhammad ibn Abdallâh, alors orphelin sans le sou et analphabète. C'est elle qui l'a demandé en mariage. Elle qui a cru au futur prophète Mahomet lorsqu'il est revenu à la maison après avoir reçu la visite de l'ange Gabriel dans le désert.

«Elle aurait pu rabrouer son mari, lui dire qu'il était fou. Elle a toutefois été la première à dire: "Je crois." Khadija avait le destin de l'islam entre ses mains. C'est grâce à elle qu'est née la troisième religion monothéiste!» clame l'auteur avec ferveur.

Quant à Fatima, elle était la fille du couple. À la mort de sa mère, elle lui a promis de veiller sur le prophète.

«Fatima montait à cheval et maniait le sabre pour protéger son père, Mahomet. Il est ridicule qu'en Arabie saoudite, ses descendantes ne puissent même pas conduire une voiture de nos jours! C'est ne rien comprendre de l'islam...»

Marek Halter est convaincu: pour faire bouger l'islam, il faut mobiliser les musulmanes. Or, pour y parvenir, il faut d'abord qu'elles sachent d'où elles viennent, qui elles sont.

Lors d'une séance de signature dans une librairie de Rabat, l'an dernier, une jeune Marocaine s'est présentée pour faire dédicacer son exemplaire de Khadija.

«Quand je lui ai demandé son prénom, elle m'a confié que sa mère lui avait donné celui de la première épouse de Mahomet, mais sans pouvoir lui raconter son histoire...»

Pour lui, il s'avère touchant «de redonner ainsi à ces femmes un pan de leur propre histoire» à travers ses romans.

Car, rappelle Marek Halter, «il ne faudrait jamais oublier que la haine vient de l'ignorance. L'ignorance de soi et de l'autre».

Une ignorance contre laquelle il continue de lutter à coups de mots, en replaçant les femmes au coeur de l'histoire, dans l'espoir de prévenir le pire, à son humble manière.

Réconciliez-vous!, un cri du coeur

Marek Halter lance, par cette plaquette de 64 pages au titre impératif, un vibrant appel à la tolérance et à la réflexion collective. Il interpelle ses frères de toutes les confessions. Il s'adresse à tous, voisins, amis, concitoyens, citant Coran, Bible et Talmud, Chateaubriand et Shakespeare. 

«Si nous sommes tous égaux, nous ne sommes pas tous pareils! Il faut cesser de voir nos différences comme une menace...»

Marek Halter invite aussi les femmes de Palestine et d'Israël à s'allier comme celles de Belfast, pour mettre un terme à la crise au Proche-Orient. «Elles incarnent la solution.»

L'auteur milite pour la paix au Proche-Orient depuis des décennies. Mardi, il s'envolait en direction de Bahreïn, sur invitation du roi, accompagné d'une délégation multiconfessionnelle.

«Le roi envisage de traduire en arabe mes romans sur les femmes de l'islam. Ce serait une porte de plus ouverte au dialogue!»

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