Le guide du mauvais père, troisième du nom

Le DroitYves Bergeras 3/5

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Guy Delisle étoffe d'un troisième volume son Guide du mauvais père, dans lequel l'auteur, via son avatar graphique, capitalise sur ses plus vilains défauts, cependant qu'il veille à l'éducation de ses deux rejetons.

Ce «guide» absolument pas éducatif (ce qu'indique manifestement le titre) et plutôt gentillet (malgré les dehors provocateurs dudit titre), n'a pas d'autre prétention que de faire sourire les papas. Et peut-être navrer quelques mamans, parmi celles qui attendent de leur partenaire un sens des responsabilités au moins égal au leur, ou des efforts constants.

Mais la mère, le «Guide» s'en fiche un peu. D'ailleurs, bien qu'elle soit mentionnée au détour des bulles, histoire d'ajouter une pression comique, la figure maternelle n'apparaît nulle part, au fil de ces 19 nouvelles historiettes. La maman, en définitive, n'existe pas, le livre se concentrant plutôt sur la relation père-fils et père-fille, en alternance.

Ne nous y trompons pas: c'est un cadeau que Delisle fait à la figure maternelle. Vu la nature des récits présentés, tout contrepoint porterait essentiellement le fardeau des reproches. En occultant ainsi tout regard féminin culpabilisateur, Delisle évite habilement de diaboliser «l'autre» au sein d'un schéma manichéen.

Ce qui n'interdit nullement une autocritique mordante. On s'en doute, ce Guide ne se lit pas au premier degré, et l'autodérision dont fait preuve Delisle indique qu'il est loin d'être aussi complaisant envers lui-même que ce que suggèrent le laxisme et la désinvolture de son personnage.

Les pères de famille continueront de se reconnaître à travers ce sympathique personnage presque plus espiègle que sa progéniture, qui accumule non seulement les bêtises puériles, mais aussi les bassesses, les fausses bonnes idées et les actes de mauvaise foi délibérée, ou qui s'adonne à quelques manipulations pédagogiques (une leçon de grammaire qui s'insinue insidieusement dans l'histoire du soir, par exemple) particulièrement réussies.

Fidèle à son trait, Delisle offre un genre de «Chroniques loin de Jerusalem», car le paisible cocon familial qu'il met en scène ne présente aucun danger ni trépidation... sauf quand papa jette un vieux briquet dans le feu du BBQ, histoire de montrer à fiston, par une démonstration empirique, les propriétés physiques du gaz.

Rien d'hilarant, mais on y revient avec plaisir. 

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Guy Delisle, Le guide du mauvais père - Tome 3

Éditions Shampoing, 192 pages

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