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Prix littéraires: Charles Le Blanc, maître de l'effet domino

Depuis une douzaine d'années, Charles Le Blanc enseigne... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Depuis une douzaine d'années, Charles Le Blanc enseigne la traduction. Il travaille désormais à l'École de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa, où il cumule les publications «qu'on lit avec une bouteille d'aspirine».

Etienne Ranger, LeDroit

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Ne lui suggérez pas que ce recueil de nouvelles s'inscrit comme une coquetterie dans une vaste bibliographie d'ouvrages académiques, cela l'énerve, Charles Le Blanc. «J'ai écrit des essais qui sont des romans et pour les universitaires, je suis un littéraire», rétorque-t-il avec ce sérieux irrésistible qui trahit les pince-sans-rire. Il vient de recevoir le Prix littéraire LeDroit dans la catégorie fiction pour Catin Basile publié aux Éditions Vents d'Ouest.

Même l'appellation d'«écrivain» lui déplaît: «professeur» lui convient mieux.

Depuis une douzaine d'années, Charles Le Blanc enseigne la traduction et travaille désormais à l'École de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa, où il cumule les publications «qu'on lit avec une bouteille d'aspirine». Même ses étudiants ne savent pas toujours s'il parle au deuxième, au troisième, au quatrième... ou au premier degré.

Sa carrière est un maelström de diplômes, prix et distinctions (il a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général en 2009), publications diverses où l'on voit surnager des noms comme Kierkegaard et Lichtenberg, mais aussi Schlegel et... les vikings! Sous le nom de plume de Lars Haraldson, ce spécialiste de la philosophie allemande a notamment publié quatre livres de contes et légendes pour enfants chez Nathan. «Des ouvrages qui, à mes yeux, sont les plus importants de tous», assure-t-il.

Entre nouvelle et roman

Doté d'une vertigineuse érudition, ce polyglotte latiniste continue d'explorer les sentes de l'enfance et construit (ou déconstruit) son nouveau recueil de nouvelles autour de quatre générations liées par une tragédie. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à mouliner des formules dont il a le secret: «c'est une rom-elle ou un nou-man», résume-t-il. À mi-chemin entre la nouvelle et le roman, évidemment.

En huit récits autonomes, Charles Le Blanc traque ainsi les racines du mal dans un village des années 1940, ausculte ses répercussions sur les générations futures. Héros du livre, les enfants seront, avec les femmes, les principales victimes d'une société repliée sur elle-même.

«C'est une histoire d'inceste, donc nécessairement vraie, dans un lieu qui pourrait se situer n'importe où», poursuit-il. Quelques références discrètes aux usines de papier et au flottage du bois aiguilleront les lecteurs les plus attentifs.

«La suite du récit agit comme un effet domino. Le mal a été commis une première fois, qui inexorablement fera tomber les autres pièces.»

Une bonne idée en appelant une autre, on se demande si cette Catin Basile, forte de ce prix littéraire, aura une descendance dans la bibliographie à venir de l'écrivain.

Mais le grand rêve de l'auteur est ailleurs: cela fait six ans que cet expert en manuscrits et livres rares constitue un fonds de livres anciens à la Bibliothèque Morisset de l'Université d'Ottawa. «J'aimerais pouvoir construire une bibliothèque uniquement consacrée à ces ouvrages», glisse-t-il en espérant que le prochain recteur de l'université, nommé fin juin, lui sera favorable.

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