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Prix littéraires: Tina Charlebois et sa poésie à fleur de peau

Tina Charlebois arbore fièrement ses couleurs, avec les... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Tina Charlebois arbore fièrement ses couleurs, avec les fleurs de lys et trilles sur ses bras.

Etienne Ranger, LeDroit

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Tina Charlebois arbore fièrement ses couleurs, avec les fleurs de lys et trilles sur ses bras. Ses tatouages «parlent plus» de son attachement à la langue française et à son identité franco-ontarienne «qu'avoir un enfant».

«Le fait de l'avoir tatoué sur le corps rend moins apeurant d'écrire que ce n'est pas en faisant des bébés qu'on garde une culture vivante», soutient la poète, couronnée pour une deuxième fois par LeDroit pour sa poésie résolument engagée. Elle a déjà gagné le prix dans cette catégorie pour Poils lisses, en 2007.

Tina Charlebois avoue du même souffle que son choix de ne pas avoir d'enfants est «peut-être plus facile à assumer, maintenant qu'il est exprimé noir sur blanc».

«Ce recueil a été plus long à écrire parce qu'il rend compte d'un long questionnement personnel, professionnel et social. À 36 ans, j'ai plus de vécu et plus de convictions, je me sentais donc plus prête à m'affirmer autrement par mes mots.»

Son recueil Miroir sans teint porte bien son titre: il renvoie un reflet cru, sarcastique et tendre à la fois de la situation franco-ontarienne d'aujourd'hui.

«Remettre les pieds dans le fleuve de sa langue ne prépare pas la plongée: ça assure une soif étanchée à perpétuité», écrit-elle.

Tina Charlebois a pu mener à terme sa réflexion en prenant un recul géographique et émotionnel des milieux littéraire et universitaire ottaviens. En 2006, elle s'établit à Cornwall.

«Ça voulait dire accepter de vivre de façon vraiment minoritaire.»

Ce choix conscient de retourner enseigner le français au secondaire lui a permis de trouver certaines réponses à ses questions.

«Notre job en tant qu'adultes établis, c'est de donner envie à nos jeunes de vouloir contribuer à notre culture. Il faut cesser de regarder constamment vers l'arrière et regarder honnêtement qui nous sommes aujourd'hui pour pouvoir envisager demain. Il faut passer à autre chose, penser notre avenir différemment et cesser de teinter de nos idéologies notre façon de nous voir, sinon, nous sommes voués à mourir à petit feu», fait valoir la Franco-Ontarienne sans ambages.

Sa contribution continuera de passer par les mots, par la poésie.

«Mon geste d'écrire s'avère viscéral et demeure ma manière de prendre position. C'est mon engagement.»

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