Faire rimer demain avec humain

L'auteure Lucie Pagé sera au Salon du livre... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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L'auteure Lucie Pagé sera au Salon du livre de l'Outaouais qui s'ouvre aujourd'hui, au palais des congrès de Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Quand ils ont entrepris l'écriture de Demain, il sera trop tard, mon fils, Lucie Pagé et son fils Kami Naidoo-Pagé voulaient non seulement réfléchir à deux têtes, mais surtout à deux coeurs. Ils voulaient partager leurs connaissances et émotions sur divers enjeux, sur l'avenir de la planète et de ses habitants.

Ils l'ont fait pour tendre des ponts entre les générations, portés par l'espoir de faire rimer demain avec humain. De ne plus conjuguer l'économie avec le verbe avoir, mais bien plutôt de tendre la main à l'Autre et au futur par le verbe être.

«Mon rôle, c'était d'exposer les faits, de vulgariser toutes les informations que j'avais colligées sur les différents sujets que nous voulions aborder ensemble», soutient la journaliste de formation et «mère inquiète», qui sera présente au Salon du livre de l'Outaouais, aujourd'hui, demain et samedi.

Ce qu'elle fait sans fard, citant qu'une femme se fait violer toutes les 20 secondes aux États-Unis, aux quatre minutes en Afrique du Sud et aux 20 minutes au Canada, ou encore étayant l'impact de Monsanto et de l'exploitation des sables bitumineux canadiens sur l'environnement.

«Kami, lui, devait réagir, commenter, offrir sa perspective de jeune homme [de 22 ans aujourd'hui], explique Lucie Pagé. Il y a dans ses mots une profonde sagesse mêlée à une rafraîchissante naïveté qui nous force à penser autrement, tellement plus simplement! Ce dialogue a le pouvoir de réveiller quelque chose de la jeunesse en nous. Une flamme que nous, génération au pouvoir, devons intégrer dans nos gestes, nos décisions, pour préserver l'espoir d'un monde meilleur, pour assurer la survie de la planète et l'avenir de nos enfants, au lieu de les empêcher de rêver et de réclamer leur place dans nos sociétés.»

Jay Naidoo, militant et proche collaborateur du regretté Nelson Mandela, intervient lui aussi dans le livre, ouvrant de nouveaux horizons aux échanges entre son épouse et leur fils, «puisqu'il a l'expérience d'avoir oeuvré à mettre un terme au régime de l'apartheid, entre autres», rappelle Lucie Pagé.

Oser dire la vérité

Mariée à Jay Naidoo depuis près de 25 ans, cette dernière vit à cheval entre son Québec «vital» et son pays d'adoption, l'Afrique du Sud.

«Là-bas, un dicton veut que 'si la vérité fait mal, le silence tue'. Il est temps de prendre la parole et d'oser dire ce que nous n'avons peut-être pas envie d'entendre, mais que nous devons entendre!»

Depuis quelques mois, Lucie Pagé accumule donc les conférences au Québec autour des thèmes élaborés dans Demain, il sera trop tard, mon fils dans les cégeps (incluant celui de l'Outaouais - «le mien!» clame-t-elle fièrement - hier), universités, bibliothèques municipales ou ailleurs, lorsqu'invitée à prendre la parole par divers organismes.

«Ce ne sont pas des sujets faciles que nous abordons, mais si on continue à jouer à l'autruche, à traiter comme des 'terroristes' des environnementalistes comme Kumi Naidoo, qui est à la tête de Greenpeace, et surtout à remettre à demain ce que nous devons faire aujourd'hui, on s'en va droit dans le mur!» fait valoir avec passion la journaliste, auteure et conférencière.

Lucie Pagé conclut en évoquant Nelson Mandela. «Il répétait souvent: 'Ça semble impossible jusqu'à ce que ça soit fait'. Mais pour y parvenir, il faut toutefois réapprendre à miser sur l'humain, se rebrancher sur le coeur.»

Vlessard@ledroit.com

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