Les rencontres en nature de Robert Lalonde

Le DroitValérie Lessard 3/5

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Fin observateur de la faune, de la flore et de la nature humaine, Robert Lalonde signe un roman composé de nouvelles misant sur l'apprivoisement menant à la rencontre vraie, celle qui se vit À l'état sauvage pour mieux laisser ses traces façonner le paysage intime des uns et des autres.

L'état sauvage dont il est ici question, c'est celui du coeur, de l'âme et du corps, tour à tour en attente, ensemencés, labourés ou laissés en jachère pour se renouveler. C'est également l'exploration des relations de fils, mentors, confidents, amis, amants, adversaires.

Il est donc question de rencontres entre un auteur à l'éternel vieux blouson de cuir et d'autres hommes, croisés à divers stades de son existence et qui lui permettent de faire le point ou de se remettre en question. Mais aussi, et peut-être surtout, de rencontres entre cet écrivain et des enfants, qui le replongent dans l'état d'émerveillement, d'incompréhension (de la part des adultes, souvent) et de vulnérabilité propres à cette période de la vie qu'il a déjà traversée. Chacune d'elles aura eu un impact sur son regard (autant celui qu'il porte sur hier que celui qu'il darde vers demain) et son parcours; bref, sur celui qu'il est.

Par le biais de son personnage écrivain, Robert Lalonde raconte ainsi avec une grande tendresse les jeunes Julot et Mathias, que le lecteur voudrait aussi serrer dans ses bras. Hervé et sa quête inlassable de nouveaux espaces où se transplanter. Gilles et ses souvenirs douloureux ensevelis au fond d'une grotte inoubliée. Bérubé, qui a bien connu le père du héros, incluant un certain secret...

Des rives du fleuve au coeur de la forêt, de la Gaspésie au Témiscamingue, les personnages de Robert Lalonde se retrouvent en pleine nature, sauvage et foisonnante. Les décors sont choisis avec soin, font à chaque fois écho de belle manière aux états d'âme et aux vérités portées par ses protagonistes.

Si elles s'avèrent toutes porteuses et fort joliment écrites, quelques-unes de ces histoires touchent plus que d'autres. C'est le cas de La petite goélette rouge à roulettes, qui ouvre le recueil de manière particulièrement chavirante.

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Robert Lalonde, À l'état sauvage. Boréal, 168 pages.

*** 1/2

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