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Journalisme et BD: La Revue Dessinée en première ligne

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La Revue Dessinée (LRD) a vu le jour à l'automne 2013.

Ce trimestriel français de belle facture, malgré ses «moyens spartiates», a fait le pari de ne publier que des reportages journalistiques... mais relatés dans le langage du Neuvième Art, qui s'y décline dans toute sa richesse et sa diversité. En témoigne d'ailleurs la Une de notre dossier (et de notre cahier des arts du 24 janvier), qui reproduit les illustrations de différentes couvertures de LRD, signées par plusieurs figures importantes du milieu de la BD, tels Lorenzo Mattotti, Nicolas De Crecy ou Killoffer.

Chaque numéro apparie une trentaine d'auteurs et de journalistes, qui produisent une quinzaine de reportages et chroniques, sur les thèmes les plus variés.

On y aborde des enjeux tant économiques que sociaux ou politiques. On y creuse l'actualité, mais aussi parfois l'histoire. On fait dans l'investigation ou dans la vulgarisation. Et on n'hésite jamais à s'aventurer hors des frontières de l'Hexagone.

En ces pages, les gaz de schiste constituent un sujet récurrent, traité sous différents angles et diverses approches graphiques. Dans le numéro 4, Johanna Schipper consacrait 20 planches à son séjour dans le Grand Nord québécois, parmi la communauté inuit d'Aupaluk.

Le rédacteur en chef de LRD, Franck Bourgeron, admet que son équipe fondatrice (cinq auteurs et un journaliste) est partie en affaire «un peu la fleur au fusil», essuyant au passage «quelques réflexions légitimement narquoises». Mais «l'élan, l'envie était là. Chez les auteurs comme chez les lecteurs potentiels».

«C'est une autre façon d'exprimer l'information: un regard en profondeur, qui offre un point de vue.»

Franck Bourgeron
rédacteur en chef de LRD

M. Bourgeron observe d'ailleurs en France une «usure» généralisée des consommateurs face aux nouveaux formats médiatiques et à l'information continue. «Nous, on propose des chemins de traverse. Et le public était visiblement mûr pour ça.»

Alors que l'industrie de l'édition est en difficulté, les ventes de La Revue dessinée n'ont pas cessé de croître en deux ans. Quelque 17000 exemplaires vendus en kiosques et 3500 abonnés, détaille-t-il, «surpris par cet engouement. Ce n'est pas encore spectaculaire, mais on est installés. Et viables.»

LRD a bénéficié d'un coup de pouce des éditions Futuropolis pour son financement. Avec son capital de 200000 euros (soit près de 280000$), le périodique a les «reins assez solides pour garantir sa totale indépendance» et sa liberté d'action, affirme Franck Bourgeron.

Il ne perçoit pas La Revue dessinée comme un précurseur. «Le reportage en BD, ce n'est pas nouveau. [Les revues] CharliePilote et Corto, qui m'a nourri, en ont fait. [...] On s'inscrit dans une mouvance forte d'une regénération de la presse française», croit-il.

Loin de la satire

Ce qui distingue son périodique, c'est plutôt qu'«on n'est pas du tout de nature satirique», alors que l'esprit corrosif «fait partie de la grande tradition française», parmi les périodiques, indique-t-il.

Le sérieux et la rigueur sont des préoccupations constantes pour l'équipe éditoriale, qui ne se contente pas de commander les sujets ou d'avaliser les propositions extérieures. L'avancée des projets est supervisée jusqu'à l'étape - obligatoire - du storyboard.

«On fait très attention aux [éventuels] problèmes juridiques et déontologiques, et chaque information est contrevérifiée par deux journalistes», fait valoir M. Bourgeron.

«À deux reprises, on a dû arrêter un reportage, à cause d'informations contradictoire ou parce que on n'arrivait pas à trouver un angle nouveau et intéressant à l'histoire», mentionne le rédacteur en chef de la publication.

Les journaux et la BD

Certains quotidiens ont emboîté le poids, mariant à l'occasion information et dessins.

Aux États-Unis, le cartoonist de légende Art Spiegelman a eu l'occasion de rendre compte à sa façon d'une convention républicaine pour le New Yorker, qui a également dépêché une autre pointure, Robert Crumb, au festival de Cannes.

En France, Libération et Le Monde accueillent à l'occasion des planches d'auteurs en vogue. Charlie Hebdo publiait régulièrement des reportages - au ton de chroniques - mêlant textes et dessins.

Au Québec, Le Devoir invite de temps à autres quelques bédéistes à prendre le contrôle visuel d'une édition. À l'occasion, La Presse traite certains sujets sous forme de BD-reportage - pour commémorer le massacre d'Oradour-sur-Glane, par exemple.

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