Toujours en Afrique, roman en deux temps

Le DroitValérie Lessard 3/5

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Il y a du vent et de l'eau, tout comme du sable et des larmes (de rage) dans ce Toujours en Afrique de Romain Saint-Cyr. Et pour cause: qu'ils fuient le désert ou voguent sur l'océan, ses personnages sont tous en quête de vérité. Celle qui les affranchira, envers et contre tous. Mais jamais totalement de l'Afrique.

Michel est un sexagénaire montréalais qui, après deux années passées à étudier diverses ethnies du Sahel en tant qu'anthropologue, hisse les voiles et reprend la barre de son voilier pour rentrer à la maison. Son voyage en solitaire prend une tournure inattendue lorsqu'il repêche, au large du Cap-Vert, un homme pour le moins taciturne, dont le Québécois aurait vraisemblablement fait chavirer la pirogue en la heurtant en pleine nuit. Un homme qui, dès que le port de Praia apparaît, saute à l'eau... Qu'a-t-il donc à cacher? Et qui est cette femme, aussi attirante qu'intrigante, voire dangereuse, que Michel croise ensuite sur l'île?

L'homme ne le sait pas encore, mais la traversée tranquille à laquelle il aspirait vient de changer de cap. Pris en otage par le couple d'Africains accusés de triple meurtre sur le continent, Michel n'en demeure pas moins profondément troublé par la présence ensorcelante de Tanifa et par la violence larvée de Kammou. En levant peu à peu le voile sur le mystère qui les entoure, le Québécois comprendra mieux quels vents les a poussés jusque sur son voilier.

Romain Saint-Cyr propose un roman à deux vitesses. Tantôt, il surfe au présent sur l'urgence de prendre la mer (et d'y survivre); tantôt, il remonte le cours du temps jusqu'à la source des problèmes de Tanifa et Kammou. Entre les deux, l'arrimage ne se fait pas toujours en douceur, mais l'auteur compense certaines maladresses par un amour profond pour les multiples visages de la culture africaine et une volonté ferme de dénoncer la réalité des immigrants clandestins d'aujourd'hui. Romain Saint-Cyr n'hésite d'ailleurs pas les comparer aux esclaves d'hier.

De plus, il ne fait aucun doute que l'auteur se passionne pour la voile, ses divers gréements et vents ainsi que pour la vastitude des étendues d'eau et du ciel. Ça se sent par le vocabulaire technique dont il maîtrise les nuances comme un marin aux commandes de son navire. Elles donnent parfois un côté un tantinet trop technique à son écriture.

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Toujours en Afrique, Romain Saint-Cyr, XYZ, 250 pages

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