Isabelle Melançon, la reine du webcomic

La bédéiste Isabelle Melançon.... (Martin Roy, LeDroit)

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La bédéiste Isabelle Melançon.

Martin Roy, LeDroit

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Peu connu du milieu québécois, la bédéiste gatinoise Isabelle Melançon vit «plutôt bien» de son art. Sa websérie Namesake attire jusqu'à 10 000 visites par jour, lorsqu'elle met en ligne une nouvelle «page» - à raison de «deux ou trois fois par semaine».

Il faut dire qu'elle publie essentiellement en anglais, préférant diffuser sur internet et auto-éditer ses roman graphiques.

Car, bien qu'elle soit plutôt inspirée par les légendes et les contes de fées, Mme Melançon n'est pas une rêveuse.

Comme le Québec boudait son genre de prédilection, l'heroic fantasy, et que les éditeurs européens lui imposaient des rencontres en personne avant même d'envisager la moindre collaboration, Isabelle Melançon, trentenaire diplômée de l'Université d'Ottawa en administration culturelle et arts visuels, a réuni elle-même les conditions de son succès. Sur la Toile. En trouvant le moyen de transformer les clics en salaire. Le sien, d'abord, puis celui d'une soixantaine d'auteurs.

Une planche de la websérie Namesake, d'Isabelle Melançon.... (Martin Roy, LeDroit) - image 2.0

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Une planche de la websérie Namesake, d'Isabelle Melançon.

Martin Roy, LeDroit

Sa saga entamée en 2010 en collaboration avec la scénariste Megan Lavey-Heaton - qu'on peut lire gratuitement à namesakecomic.com - comporte quelque 600 planches... L'illustratrice envisage de publier prochainement l'intégrale de Namesake, dans une traduction en français.

Une ruche qui bourdonne

Puis l'illustratrice s'est greffée, il y a trois ans, au projet The Hiveworks, visant à fédérer une dizaine de webcomics. Fondé par l'Américain Joseph Stillwell et désormais codirigé par Mme Melançon, le site génère plusieurs millions de clics par semaine en présentant - en lecture gratuite - une soixantaine de webcomics de qualité soignée.

Cette «ruche» a surtout réussi le pari de permettre à ses membres de «vivre confortablement» de leur art, notamment grâce aux revenus tirés des bannières publicitaires.

Hiveworks, dit-elle, est «une drôle de bestiole» qui fonctionne en partie par sociofinancement, et par d'autres moyens, classiques ou plus «chimériques».

«On fait un peu un travail d'éditeur, notamment lors de la sélection des membres, [mais] on s'occupe surtout de la logistique : on aide les auteurs à monter un site, on se charge de trouver des annonceurs. [...] Il y a un marché sur le web qui n'a jamais été exploité.»

«L'objectif premier, ce n'est pas de publier, c'est que nos membres puissent vivre de leur art.» C'est-à-dire en obtenant un salaire régulier - lequel dépendra de la qualité et de la quantité de la production, et du trafic généré - «plutôt qu'un cachet», formule qui, estime Mme Melançon, rend les auteurs «à la merci des contrats et des éditeurs».

«Sans Hiveworks, beaucoup de nos auteurs auraient arrêté, par manque de ressources financières, ou faute de structure ou de motivation. Quand tu as signé un contrat, ça incite à continuer...»

Le webcomic le plus visité de la «ruche» attire à lui seul un million de clics par semaine, dit-elle, en refusant de nommer la reine de sa ruche.

Modèle d'affaire «unique en son genre», The Hiveworks connaît un «énorme succès» et ne cesse de grossir.

Il a récemment avalé le site de Pixie Trix Comix (six auteurs; le double si l'on compte son studio partenaire, Zoom Comics). La Ruche songe à intégrer ou grignoter d'autres vitrines réseautant des webcomics qui ont réussi à générer une masse critique de lecteurs, sans parvenir à optimiser les recettes, tel le studio indé Chromatic Press, axé sur le manga et ciblant un lectorat féminin (qui diffuse une dizaine de titres ainsi que le mensuel numérique Sparkler), ainsi qu'un autre gros site de web-bédé destinées aux adultes avertis.

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