Le triomphe d'Ali et la dictature de Mobutu

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L'auteur Blaise Ndala publie un livre appuyé sur le «combat du siècle» pour décrire le triste destin du Congo.

Étienne Ranger LeDroit

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Il y a 40 ans exactement, le 30 octobre 1974, Mohammed Ali et George Foreman s'affrontaient sur le ring à Kinshasa. À bout de forces, Foreman tombe au 8e round et se relève une seconde trop tard. Ce «combat du siècle» propulse Ali dans la légende. Après une interruption de près de trois ans suite à son refus de combattre au Vietnam, il récupère son titre de champion du monde des poids lourd et sera désigné «boxeur de l'année». Cette date anniversaire n'a pas échappé à Blaise Ndala qui en fait le terreau littéraire de son premier ouvrage. Juriste de formation, l'auteur établi à Ottawa publie aux Éditions l'Interligne un premier roman qui tombe à point nommé. J'irai danser sur la tombe de Senghor est disponible en librairie depuis une semaine précisément.

«Ce combat a servi d'écran de fumée à la dictature implacable de Mobutu», avance l'écrivain originaire du Congo.

Retour en arrière à Kin la Belle, la ville est en ébullition. Trois jours de concerts mythiques où se produisirent de grands noms de la musique noire américaine précèdent la rencontre. Les caméras du monde entier sont braquées sur la capitale; y brille un goût immodéré pour la flamboyance.

Les deux sportifs reçoivent 5 millions de dollars, une somme extravagante à l'époque, de la part du président Mobutu qui voulait offrir là un cadeau au peuple africain - pour se disputer un titre dont la valeur symbolique était au moins aussi importante que sa valeur sportive.

«Ce moment correspond à l'acte zéro de la folie des grandeurs de Mobutu, analyse Blaise Ndala. Le président se servira de ce combat comme levier idéologique sachant qu'Ali est le symbole de la cause noire par excellence.» Quarante ans plus tard, le piège identitaire sévit toujours. Aux yeux des Congolais qui furent témoins de l'événement, cette période est souvent évoquée tel un paradis perdu dont ils se gargariseraient, s'étonne l'auteur. Une façon d'idéaliser le passé pour ne pas construire le futur?

«Cette nostalgie nourrit la déconvenue du destin du Zaïre/Congo, croit-il. Promis à un avenir radieux par ses richesses naturelles, le pays se retrouve, 40 ans après le combat du siècle, avec l'indice de développement humain le plus faible de la planète. Qui plus est, son image renvoie à l'exact contraire de ce que suggère l'appellation République démocratique du Congo.» Il faudra lire le destin de Modéro, jeune danseur et chanteur propulsé dans les coulisses de ce combat pour comprendre les dessous polémiques du titre J'irai danser sur la tombe de Senghor.

Mcucchi@ledroit.com

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