Les autruches, c'est bien connu, sont capables de passer bien du temps la tête dans le sable, mais elles ne peuvent voler. Sauf Suzanne. Comment cette autruche à la tête bien dure réussira-t-elle à prendre son envol ? C'est ce que petits et grands découvriront dans L'autruche qui voulait voler, un album signé Aurélien Ducoudray et Bérengère Delaporte.
L'auteur et l'illustratrice ont su donner une touche rigolote à quelques présentations plus « documentaires », joyeusement véhiculées par leur drôle de professeur- observateur à moustaches.
Fatima et son grand-père sont sur le point de récolter les fruits de leur labeur lorsque des éléphants affamés saccagent leur verger de clémentines. Après avoir tout tenté pour les faire fuir, l'aïeul échange ses derniers dirhams contre un fusil. Sa petite-fille, récalcitrante à l'idée de tuer les éléphants, demandera l'aide de ses amies les araignées. S'inspirant d'un proverbe africain voulant qu'« avec assez de toiles d'araignées, on peut arrêter les éléphants », Mireille Messier tisse une jolie histoire, rendue d'autant plus belle par les illustrations en douceur de Gabrielle Grimard.
Selon une légende grecque, ce serait la déesse Athéna qui aurait justement créé les araignées. Dans un élan de rage et de jalousie envers une jeune et fort habile tisserande prénommée Arachnéa, trop arrogante pour son bien. Rhéa Dufresne et Marion Arbona rappellent avec délicatesse les risques encourus lorsqu'on pèche par excès d'orgueil.
Parmi cette sympathique ménagerie, le Lapin-Chagrin de Sylvie
Nicolas, d'après le récit de Nermin Grbic, s'avère vraiment dans une classe à part. Par le sujet, d'abord : les déracinés de la guerre. Par la beauté lyrique du texte de Mme Nicolas, ensuite, qui explore en filigrane la notion de peur et le besoin que le petit Nerko éprouve de se créer un ami imaginaire pour se protéger, lui et les siens. C'est donc le fameux lapin qui, au gré des bombardements et des déplacements de la famille de Nerko, gobe peurs, souvenirs, tristesse, « pour que rien ne se perde » et pour permettre aux petites et grandes joies de mieux se vivre au présent. Et se conjuguer au futur. Marion Arbona illustre avec grande sensibilité ce texte des plus touchants.
L'autruche qui voulait voler, Aurélien Ducoudray et Bérengère Delaporte,
Les 400 coups, 38 pages
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Fatima et les voleurs de clémentines, Mireille Messier et Gabrielle Grimard, Les Éditions de la Bagnole, 36 pages
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Arachnéa, Rhéa Dufresne et Marion Arbona, Éditions de l'Isatis, 24 pages
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Lapin-Chagrin et les jours d'Elko, Sylvie Nicolas et Marion Arbona, Éditions Trampoline, 44 pages
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