La fin à fleur de peau

Un cancer du sein a métamorphosé Amélie Beyries,... (Courtoisie)

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Un cancer du sein a métamorphosé Amélie Beyries, la femme d'affaires en Beyries, l'artiste mélancolique, lucide et connectée.

Courtoisie

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Après 10 années de travail, Les productions des Outaouais Motivés ont sonné le glas du Festival Outaouais Émergent (FOÉ). Sa mort est programmée du 17 au 20 août, dans les rues du Vieux Hull. Mais le FOÉ ne rendra pas l'âme sans rire, chanter et festoyer une dernière fois.

Cette édition mortifère s'ouvre - n'y voyons là aucune coïncidence - sur le folk élégiaque d'Amélie Beyries. La chanteuse investira le bar Aux 4 Jeudis, jeudi à 17h, à l'occasion d'un spectacle entièrement gratuit. On aura le droit de verser une larme et de se réjouir en même temps.

Malgré ce premier disque plutôt mélancolique, Landing, lancé à l'hiver, Beyries (son nom de scène,) en personne semble plus du genre battante que pleureuse. 

À 38 ans, son c.v. est bien rempli: elle a travaillé en restauration, en relations publiques, dans la biotechnologie, le cinéma et même les pompes funèbres. 

Amélie la directrice a passé sa vie à courir. Jusqu'à ce terrible «diagnostic», fin 2008. Aujourd'hui, Beyries prend le temps de réfléchir à ce qu'elle est et à ce qu'elle veut être.

Landing, elle le perçoit comme «la catharsis d'années difficiles». Beyries explique: en 2007, elle a perdu sa mère. À la fin de 2008, on lui diagnostique un cancer du sein. Traitements. Rémission. Soulagement. De courte durée, car le cancer se réveille en 2011. 

Conscience éveillée

Ce second coup de semonce «a été une sorte de révélation», confie la chanteuse. «Il y avait aussi beaucoup de choses que je voulais communiquer. Je me suis mise à écrire, comme un besoin» viscéral. 

Si le cancer a nourri l'«anxiété» de la chanteuse, il a aussi transformé son regard. «La maladie m'a appris qu'on vit en n'ayant aucune idée de la fin des choses. Aujourd'hui, j'ai de la gratitude. Je suis plus consciente de moi, de mes choix de vie et de ceux [des gens] qui m'entourent. J'ai fait le ménage», lâche Beyries, à présent pleinement rétablie. Ce dont témoignent tant la sérénité de ses mélodies que celle de sa voix.

«Je suis devenue très sensible à ma fragilité d'être humain, à mes capacités physiques et mentales - je sais que je peux les perdre demain.» Un des éléments récurrents de sa démarche, «c'est d'être le plus connectée possible. À moi-même et aux autres. Je ne veux plus juger, ni comparer», mais simplement «partager ce que je ressens».

La peur de mourir lui a surtout donné un nouvel élan. «J'ai ressenti le besoin de me rapprocher de mes passions d'enfant. De faire ce que je veux, et non pas ce que je 'dois' faire depuis que je suis devenue adulte», dit Beyries en évoquant son «amour pour le piano», instrument dont elle a appris à jouer, toute petite. 

«J'aimais tellement l'instrument que je me glissais en dessous. Je pouvais passer des heures allongée sous l'instrument, à observer ce qui se passait avec les cordes», confie celle qui, à l'adolescence, s'est mise à la guitare, laquelle se trimballait mieux que le piano. Beyries a signé toutes les compositions de ce disque réalisé par Alex McMahon (Plaster, Nevsky).

Son extrait J'aurais 100 ans, chanté en duo avec Louis-Jean Cormier, a rapidement séduit le public et les radios et sa voix a été entendue au détour de plusieurs télé séries, dont Mémoires Vives et Unité 9, ce qui lui a permis de défendre son disque en première partie de Half Moon Run, Groenland, ou, à La Basoche, Safia Nolin (et, à l'automne prochain, celle de k.d. lang). 

Et Beyries continue d'émouvoir un public sans cesse plus large avec  sa reprise de Le monde est stone, qui l'on peut entendre dans l'hommage du Cirque du Soleil à Plamondon, Stone.

Pour y aller

Quand ? Jeudi 17 août, 17h

Où ? Aux 4 Jeudis

Renseignements : Festfoe.ca




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