En mode 100 % country

Gregory Charles sera du Festival country du Grand... (Archives, La Presse)

Agrandir

Gregory Charles sera du Festival country du Grand Gatineau, dimanche, pour y présenter un spectacle réservé exclusivement au genre. Et il ratissera large : de Johnny Cash à Garth Brooks, de Willie Lamothe à Joe Dassin.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

« Elvis n'a pas aidé le country. Ç'a plutôt été à son avantage de montrer que le gars qui faisait du rock'n'roll était aussi quelqu'un de simple. Tout ça pour dire que je ne suis pas sûr que le country gagne quoi que ce soit à ce que des gens dits mainstream en fassent. Au contraire, c'est nous qui gagnons à nous y coller ! Je ne peux rien améliorer, quand j'interprète du country : j'aime juste ce qui est beau, vrai et simple dans cette musique. Pour moi, c'est un privilège d'en jouer », fait valoir Gregory Charles.

« En fait, j'ai plus l'impression que c'est la musique classique que le country qui gagne à ce que des gens plus connus ou issus de la pop en fassent ! » soutient gaiement le pianiste, chanteur et improvisateur. 

Le quadragénaire sera donc du Festival country du Grand Gatineau, dimanche, pour y présenter un spectacle réservé exclusivement au genre. Et il ratissera large : de Johnny Cash à Garth Brooks, de Willie Lamothe à Joe Dassin.

Son rapport au country s'avère le même qu'à tout autre type de musique, pop, classique, jazz ou autre. Car s'il aime se frotter à des partitions de certaines compositions particulièrement complexes, Gregory Charles ne peut qu'apprécier les « histoires simples et toujours très personnelles » que relatent les chansons country, ainsi que les « valeurs familiales » qu'elles véhiculent.

Lui-même a grandi entouré de grands-parents qui non seulement écoutaient beaucoup de country, mais en jouaient aussi. Son grand-père, autodidacte, jouait de la guitare acoustique et du violon, deux instruments intimement liés au genre, évoque-t-il. 

« Et puis, j'ai marié une Franco-Manitobaine qui a également grandi entourée de musique country, et qui est d'ailleurs déjà montée sur scène à Saint-Tite pour en chanter avec moi ! »

Sa conjointe, Nicole Collet, sera-t-elle à Gatineau pour récidiver ? « Non, elle sera ailleurs pour son propre travail », regrette le principal intéressé.

Qu'à cela ne tienne, ses musiciens et lui n'en demeurent pas moins « toujours très heureux » quand, lors de leurs spectacles de demandes spéciales, quelqu'un réclame un titre de ce répertoire. 

« On se réjouit donc à l'idée de pouvoir ne faire que ça, à Gatineau ! » clame Gregory Charles.

L'effet pervers du mouvement nationaliste

À l'instar de la musique folklorique, le country a longtemps été snobé au Québec, selon Gregory Charles, victime d'un « phénomène de ressac face à tout ce qui est simple et 'habitant' » dans la foulée de l'émergence du mouvement nationaliste dans les années 60 et 70.

« Ç'a eu un effet pervers. D'un côté, nous étions de plus en plus fiers de qui nous étions, alors que de l'autre, nous faisions de moins en moins la musique qui nous avait définis. Comme si, tout à coup, elle n'était plus assez sophistiquée... C'est entre autres l'arrivée de La Bottine souriante qui nous a fait 'redécouvrir' notre musique traditionnelle, en le remettant au goût du jour », rappelle-t-il.

Ce dernier assume totalement son côté Vintage quand il est question de rock, par exemple. En country, et bien qu'il soit fan d'Alabama, de John Denver, de Charlie Pride et des Bellamy Brothers, il se dit toutefois bien plus branché par ce qu'il entend aujourd'hui. Il cite Garth Brooks, Faith Hill, tout comme le trio Rascal Flatts et le duo Big (Kenny) & (John) Rich.

« C'est peut-être parce que j'aime ça, montrer les liens entre différentes pièces pour faire entendre comment toute musique est influencée par un autre genre, à un moment donné ou à un autre de son histoire. C'est mon petit côté encyclopédique ! » lance-t-il en rigolant.

Pour y aller

Quand ? Le 30 juillet, 19 h 30

Où ? Casino du Lac-Leamy

Renseignements : countrygatineau.com

Et vive la contredanse française et sa traduction anglaise... à contresens !

« Le country souffre de son nom, qui n'a pourtant rien à voir avec la campagne ou le pays ! »

Une entrevue avec Gregory Charles ne serait pas complète si on n'y apprenait pas quelque chose. À preuve, l'artiste remonte ainsi avec un évident plaisir le cours de l'histoire pour expliquer d'où vient le mot country accolé au genre, et qui lui vaut depuis d'être « pris de haut » par certains.

« Cette musique doit son nom aux rythmes d'une danse française qui est devenue très populaire aux États-Unis aux XVIIIe et XIXe siècles : la contredanse, que les Anglais, qui n'y avaient rien compris, ont traduit par country dance. »

Or, la contredanse se dansait en couples, répartis en carré (chez les Français) ou en deux colonnes  (chez les Anglais), « à contre-courant du rythme ».

L'ami Garth Brooks

Garth Brooks... (Etienne Ranger, Archives Le Droit) - image 5.0

Agrandir

Garth Brooks

Etienne Ranger, Archives Le Droit

C'était à l'époque de Chabada, son talk-show quotidien à TVA. Envers et contre tous, Gregory Charles voulait inviter le déjà légendaire Garth Brooks sur son plateau.

«À TVA, on était si convaincu que ça ne marcherait pas qu'on m'avait dit: 'C'est toi qui payes [son déplacement, la pub pour mousser son passage à l'émission] !' Bref, j'avais appelé aux États et sur qui je suis tombé, à l'autre bout du fil ? Garth Brooks lui-même !»

Qui, du moment où le Québécois lui a mentionné qu'il y avait des inconditionnels du country dans la Belle Province, a aussitôt accepté de participer à Chabada.

«TVA m'avait imposé une 'vraie vedette' du nom de René Simard, en guise de premier invité, ce soir-là. Le pauvre, avant d'entrer en ondes, il m'a dit de faire ça court avec lui, parce que visiblement, personne, dans le public, n'était là pour l'entendre lui !» se souvient Gregory Charles, mentionnant les longues files d'attente ce jour-là, pour assister à l'émission en studio.

Avant de se pointer, l'Américain avait préalablement demandé à l'animateur ce qu'il souhaitait comme présence de sa part. «J'étais renversé ! Je m'attendais plutôt à ce qu'il me dise ce qu'il entendait offrir comme participation. Il a fini par livrer six chansons avec ses musiciens, en plus de l'entrevue», raconte celui qui, depuis, se targue de compter Brooks parmi ses amis.

«Cette anecdote, pour moi, témoigne bien de la générosité du milieu du country. Cela dit, même si ces artistes étaient tous frais chiés, leur musique n'en serait pas moins belle pour autant à mes oreilles !»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer