Merci, notre chum Paul

« Ça va être une soirée remplie de magie,... (Courtoisie)

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« Ça va être une soirée remplie de magie, avec une belle énergie festive », destinée à faire non seulement « mieux connaître le répertoire du grand Paul Demers », mais aussi l'artiste lui-même.

Courtoisie

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Le grand hommage à Paul Demers qui ouvrira la 42e édition du Festival franco-ontarien (FFO), le 15 juin, réunira Damien Robitaille, Anique Granger, Cindy Doire, Marcel Aymar et Robert Paquette, ainsi que Pierre et François Lamoureux (les frangins de feu Brasse Camarade).

Tous les artistes sur scène (ou « 95 % » d'entre eux) ont connu l'auteur de Notre place, et chacun a des raisons toutes personnelles de remercier le grand disparu, explique Mathieu Joanisse, le chef d'orchestre de ce projet logiquement baptisé Merci Paul.

Lui aussi, a eu l'occasion de côtoyer Paul Demers, puisqu'il a été gestionnaire événementiel au sein de l'APCM (lire ci-dessous), organisme dont M. Demers fut un des membres fondateurs. Ensuite, parce que les deux hommes ont été colocataires pendant « cinq ou six mois ».

« Paul était une très bonne personne qui adorait discuter. On a écouté plein de vieux vinyles, et on s'en est échangé quelques-uns. Pour étoffer ma collection, il m'a offert du Beatles [...] et des choses beaucoup plus obscures, comme ces solos de flûte traversière enregistrés dans une pyramide. Il m'a choyé. Je les garde précieusement », évoque M. Joanisse.

« On a souvent jasé de tout et de rien ; de la condition de l'industrie, de ses influences musicales - dont Marcel Aymar et André Paiment [de CANO] et le théâtre ; des artistes (de l'APCM) qu'on voyait rayonner autour de nous. Paul était très fort pour donner confiance aux gens autour de lui. Quitte à ce que, des fois, il s'oublie. » 

« J'ai eu l'occasion d'aider la relève, notamment à travers Ontario Pop ; or, Paul était [très présent] autour de cet événement : il assistait aux concerts, il adorait voir les jeunes performer et évoluer. Il a toujours été très proche des artistes, [y compris] les élèves des écoles où il a travaillé à la fin de sa carrière, en tant qu'animateur culturel, et [pour qui] il montait des spectacles. »

Il dit avoir été « toujours impressionné » par l'aptitude de Paul Demers à « reconnaître le talent artistique » des jeunes pousses, à identifier très tôt ceux qui sortaient du lot, indique-t-il en mentionnant Anique Granger, que Paul a « encouragé dès ses débuts, à l'époque où elle faisait partie du duo Polly-Esther », poursuit-il.

C'est pourquoi « ç'a été une tâche assez facile, pour moi, que de choisir des artistes » à la fois compétents et ravis de lui rendre hommage. « Tous ceux qui seront sur scène, ou quasiment, à 95 %, ont travaillé avec Paul d'une façon ou d'une autre », précise Mathieu Joanisse. 

Le house band est constitué de vétérans ayant tourné avec Paul ou participé à l'enregistrement de ses albums. Particulièrement le dernier, Encore une fois, paru en 2011, que le chanteur a coréalisé avec Jean-Michel Ouimet. « C'est Jean-Michel qui l'a poussé à faire l'album, qui lui a donné confiance et l'a motivé, et qui s'est assuré que l'album prenne vie, à des moments plus difficiles pour Paul. Il était déjà malade, à cette période et, même s'il remontait la pente, il doutait de son énergie »

Shawn Sasyniuk

La direction musicale du spectacle a été confiée à Shawn Sasyniuk, qui a coréalisé deux chansons d'Encore une fois, dont Je suis parti de loin. « Paul a été là pour Shawn à un moment crucial de sa carrière », à la fin de l'aventure du groupe En Bref. « C'est Paul qui, il y a 20 ans, lui a donné la chance de jouer avec Anique Granger » au sein d'un trio grâce auquel le batteur a tapé dans l'oeil de producteurs, lors d'une prestation à Montréal. « Depuis ce jour-là, Shawn dit qu'il n'a plus jamais eu à chercher du travail, et qu'il le doit à Paul Demers », soutient Mathieu Joanisse. « Et puis, ils ont joué pendant 20 ans, ensemble. Alors c'est très émouvant pour lui, d'être là » pour ces remerciements. 

« Ça va être une soirée remplie de magie, avec une belle énergie festive », destinée à faire non seulement « mieux connaître le répertoire du grand Paul Demers » (dont Mathieu Joanisse vante « la qualité et la solidité des arrangements »), mais aussi l'artiste lui-même. 

Ainsi, en clin d'oeil aux études en cinéma de Paul Demers, les frères Lamoureux ont préparé des capsules vidéos sur lesquels ils joueront live des morceaux inédits.

Le house band compte les guitaristes Nathan Da Sylva, Kevin Daoust et Daniel Boivin et Sylvain Lavoie au piano. Des invités  se grefferont à la troupe, tels le saxophoniste René Lavoie et l'accordéoniste Benoît Deschênes.

Qui est Mathieu Joanisse ?

Mais à qui le Festival franco a-t-il confié cet hommage à Paul Demers? Bien qu'il vive un peu dans l'ombre des artistes, Mathieu Joanisse est loin d'être un inconnu dans l'industrie musicale.

«J'ai décidé de mettre les gens en scène, de produire des artistes et de mettre les autres à l'avant-plan, au lieu d'oeuvrer sur scène», explique ce musicien né à Ottawa, fier de ses racines franco-ontariennes et notamment de son «Grand-papa Joanisse», un homme d'affaires de Vanier de qui Mathieu Joanisse dit avoir hérité son intérêt - doublé d'un certain talent - pour la business.

Après une jeunesse passée dans les Laurentides, Mathieu Joanisse a migré à Montréal pour y étudier (en musique, au cégep, puis à l'École du show business), avant de reprendre contact avec l'Ontario français, d'abord à Kingston (à titre de directeur général du Centre culturel Frontenac), puis à Ottawa, en tant que directeur des événements artistiques au sein de l'APCM, poste qu'il a occupé pendant 5 ans, avant de migrer à Rouyn-Noranda, où, trois éditions durant, il a occupé le poste de directeur général du Festival de musique émergente (FME).

Depuis juin, l'homme de 39 ans est de retour à Ottawa, où il coordonne les productions du Musée canadien de la guerre. Il participe également au développement de la maison de disques ottavienne Productions l'Archipel. Ayant étudié la musique, il est aujourd'hui «capable de jouer très bien du piano», même s'il monte rarement sur scène, sauf pour se produire en tant que DJ masqué, aux côtés de Christian Pelletier.

Pour y aller

Quand : Du 15 au 17 juin

Où : Parc Major's Hill

Renseignements : FFO.ca ; (613) 321-0102




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