Rockfest: Impératif français demeure amer

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Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault

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Si le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, se dit « heureux de voir » que le Rockfest de Montebello a « amélioré son volet en langue française », il continue néanmoins de « regretter » le fait que le festival rock de la Petite-Nation se déroulera cette année, comme l'an dernier, durant la Saint-Jean-Baptiste. « Leur calendrier favorise la culture anglo », avertit-il.

Le Rockfest de Montebello a dévoilé mardi matin une partie de sa programmation, celle qui concerne la journée du jeudi 22 juin, destinée à souligner la fête nationale du Québec. Selon l'annonce, le contenu de cette journée est pour l'instant 100% francophone.

«On constate que les interventions d'Impératif français ont donné des résultats», a réagi M. Perreault, dont l'organisme a décerné l'an passé un «prix citron» au Rockfest, pour dénoncer le fait que le festival de Montebello, en changeant ses dates, s'était déplacé la fin de semaine de la fête nationale, durant laquelle il avait programmé essentiellement des artistes se produisant en anglais.

Toutefois, la satisfaction de M. Perreault vis-à-vis de l'amélioration de l'offre francophone ne pèse pas très lourd puisque «la Saint-Jean, ce n'est pas le 22 juin, mais le 24! Et la veillée, c'est le 23!»

En ramenant la programmation francophone au jeudi, les organisateurs du Rockfest «veulent garder la fin de semaine pour les artistes anglo-saxons», poursuit-il.

À titre d'organisateur en chef de l'Outaouais en fête, festival qui se déroule à la même période au parc des Cèdres d'Aylmer, M. Perreault estime à 100 000$ le «manque à gagner » causé par la compétition directe du Rockfest l'an passé. Et ce, en dépit d'une «météo très favorable», précise-t-il.

« Je persiste à dire que c'est tout à fait déplorable que le Rockfest ait choisi de déplacer [ses dates]: ça crée un effet pouvant nuire à une partie de la population, celle qui voudrait profiter des deux programmations.» 

«On est contents», mais «ça ne change rien au fait que » la tenue du Rockfest à cette date «nuit à tous les autres petits villages de la Petite-Nation» qui organisent diverses activités autour de la Saint-jean, rappelle le président d'Impératif Français.

Un «effort énorme»

La préfète de la Municipalité régionale de comté (MRC) Papineau, Paulette Lalande, n'est pas de cet avis. Les maires des petites municipalités avoisinantes ne souffrent pas du changement de date.

Elle reconnaît que «ça cause peut-être quelques inconvénients», lesquels ont été soulevés dans le passé lors des réunions du conseil des maires, «mais toute la MRC profite » des retombées économiques du Rockfest, qui attire désormais quelque 200 000 visiteurs annuellement.

 «L'an passé, les fêtes de la Saint-Jean ont eu lieu quand même et les maires n'ont pas ressenti que ça les privait de monde», soutient celle qui est aussi mairesse de Plaisance. 

Mme Lalande ne perçoit pas de compétition, ni d'empiètement sur les plates-bandes, car ce n'est tout simplement «pas la même clientèle», observe-t-elle, alors que le Rockfest attire des visiteurs «qui viennent d'ailleurs», tandis que les petites célébrations locales attirent surtout «les gens de la place» qui ne seraient de toute façon pas attirés outre mesure par l'offre musicale du Rockfest.

En outre, il n'est pas habituel que les célébrations autour de la Saint-Jean s'égrènent au fil de plusieurs jours, et pas seulement le 24, fait-elle valoir. Célébrer le 22 juin ne lui pose donc pas de problème, tant qu'on célèbre en français. 

« C'est vrai qu'il y a beaucoup de musique anglaise» au Rockfest, mais «il faut souligner l'effort énorme» des organisateurs pour proposer cette année une journée où les groupes francophones tiennent le haut du pavé, dit-elle à ce chapitre. «Ce n'est pas tous les jours qu'on a Charlebois» dans la Petite-Nation, illustre-t-elle.

Montebello, «c'est le seul endroit dans le monde rural où on reçoit autant de monde pendant trois jours. C'est exceptionnel, aux plans tourique et culturel! [...] Les hôtels et les restaurants de toute la région sont pleins, parfois jusqu'à Gatineau. Il faut arrêter d'être négatif et regarder un peu plus le bon côté des choses!»

Le président d'Impératif Français, lui, n'en démord pas: «Je m'intéresse pas [seulement] à la défense du français, mais à son avancement. Pour moi, ce que fait le Rockfest, ce n'est pas de l'avancement», martèle Jean-Paul Perreault. «Les politiciens locaux veulent maintenir cette situation, et c'est regrettable.» Il trouve navrant que les intérêts économiques passent avant la question du «respect des sentiments d'appartenance».

De son côté, l'Outaouais en fête a toujours accordé «une place importante à la francophonie hors-Québec, aux artistes locaux et à des vedettes de réputation internationale», fait valoir celui qui dévoilera sous peu la programmation de sa prochaine édition, qu'il promet «excellente».




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