Désarçonner en douceur

Rolf Klausener, directeur artistique du festival Arboretum... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Rolf Klausener, directeur artistique du festival Arboretum

Etienne Ranger, LeDroit

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Les guetteurs d'insolite et de musique indépendante y trouveront de quoi se rassasier. Arboretum, qui commence à prendre racine dans le paysage des festivals de musique d'Ottawa, décoiffe d'entrée, en dévoilant le contenu de sa cinquième édition qui ouvrira ses portes à partir du 17 août prochain. Sa ligne artistique ? «Célébrer l'indépendance, l'innovation en musique et la progressive attitude», souligne son directeur artistique anglophone, Rolf Klausener.

D'entrée une surprise, donc, pour des projets artistiques par ailleurs forts et ambitieux, qui ne manqueront pas de désarçonner avec douceur le spectateur. Jugeons plutôt, à travers quelques-uns des artistes à l'affiche : la rappeuse new-yorkaise Junglepussy, remarquée pour son style audacieux par Vogue, Mykki Blanco, autre rappeur américain engagé dans la défense des sexualités transgenres et première partie des concerts de Björk, ou encore le Canadien Tim Hecker, producteur électro et créateur d'un album inspiré des chants polyphoniques du Moyen Âge. 

L'échantillon artistique de ce cru 2016 est saisissant. Ses concepteurs, eux, ont l'habitude de brouiller les pistes pour avoir tenu les manettes d'Arboretum depuis le début : Rolf Klausener et Stéfanie Power se retrouvent aujourd'hui pour piloter de nouveau le rendez-vous culturel. Leur premier exploit est de nature géographique.

Depuis sa création, le festival n'a cessé de déménager : d'abord à la Cour des Arts, il a dû plier bagage pour laisser place au chantier de rénovation. Délocalisé en 2015 sur l'île Albert, il a bien failli être annulé à la dernière minute suite aux controverses du projet Zibi : le terrain investi par le promoteur immobilier aurait dû être un lieu sacré à préserver, selon les communautés autochtones de la région.

Cet été, Arboretum a choisi des lieux plus cléments en s'installant dans les jardins de l'hôtel de ville d'Ottawa. Ce qui, ipso facto, le contraint à voir plus grand, aux sens propre et figuré.

« Le festival n'a jamais été aussi grand, se réjouit Rolf Klausener. Avec deux scènes principales, une douzaine d'autres sites dédiés aux concerts, after partys et conférences, l'affiche est bien plus fournie que l'an dernier ».

Il assure que le budget alloué aux contrats d'artistes a triplé, lui permettant avec son équipe d'être plus tatillons sur le choix des groupes présentés. «Nous essayons de ne pas programmer les mêmes noms d'une édition à l'autre, dit-il. Cette année, nous avons surtout invité des groupes de Toronto et de Montréal.»

Parfois pointu, souvent branché mais jamais élitiste, Arboretum accorde aussi une petite place aux francophones - les Ottaviens Olivier Fairfield, Her Harbour et Fet.Nat - sans oublier Safia Nolin, découverte lors d'un récent concert au Centre national des arts. « Nous voulions absolument la programmer cet été », partage Rolf Klausener.

Derrière chacun de ces projets, qui, à s'y méprendre, pourraient ressembler à des lubies capricieuses des programmateurs, se cache un souhait : « reconnecter la scène locale à l'industrie nationale ». Un tiers de l'affiche présente des artistes de la région. 

Le festival accueillera pour la toute première fois une importante délégation de professionnels de l'industrie - gérants, agents de tournée et représentants de maisons de disques. L'événement promet un cadre particulièrement luxuriant et un terreau fertile, en cette cinquième édition...

Pour y aller

Quand: Du 17 au 21 août

Où: Hôtel de ville d'Ottawa et autres lieux

Renseignements: www.arboretumfestival.com

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