Repeindre le ciel en musique

La pyrotechnicienne estonienne, Kersti Rešetnjak... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La pyrotechnicienne estonienne, Kersti Rešetnjak

Patrick Woodbury, LeDroit

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Et de trois ! L'Estonie nous en fera voir de toutes les couleurs, samedi, dans le ciel surplombant la rivière des Outaouais. La firme pyrotechnique Ruf succède à la Chine et aux Pays-Bas dans la compétition de feux d'artifice pour décrocher le prix Zeus. Rendez-vous pris à 21 h 15, beau temps, mauvais temps (plus probable selon les prévisions).

Les Grands Feux du Casino du Lac‑Leamy ne s'éteindront pas malgré la pluie. Kersti Rešetnjak en rit. Pour la pyrotechnicienne estonienne et ses deux confrères, les averses font partie du jeu. « Il y en a souvent en Estonie, nous n'en avons pas peur et de toute façon, tout est couvert. »

De son activité, la jeune femme parle avec passion et sans ambages. Rencontrée sous un soleil de plomb sur la barge de lancement des fusées, elle dit le plaisir de travailler minutieusement en coulisses pour un show éphémère d'une vingtaine de minutes. Agente administrative de la compagnie pyrotechnique depuis une douzaine d'années, elle a choisi de mettre les mains dans le cambouis des « bombes » et des « fusées » à installer. 

En plein cagnard, une dizaine d'artificiers, peau brûlée par le soleil, s'activent autour des mortiers. Déballage des colis estampillés « made in China », raccord des bombes, enrobage des mortiers à l'aluminium... « sans oublier la bouteille d'eau à boire toutes les heures », complète le directeur technique Alain Bouthillier qui veille au grain (et à la poudre !) sur la barge de lancement.        

« C'est tout le contraire d'un emploi de bureau, se régale l'Estonienne. Même s'il m'a fallu deux ou trois ans avant de gagner le respect et la confiance des autres artificiers, peu habitués à voir une femme travailler à leurs côtés. »    

Le milieu pyrotechnique - de surcroît en Europe de l'Est - reste très masculin. Peu de femmes s'y aventurent. Il faut dire que les différentes manipulations sont souvent très lourdes. À force de conviction, Kersti Rešetnjak est même devenue porte-parole de son entreprise. La jeune femme a réussi à se forger une belle expérience et s'est prise de passion pour ces artisans du ciel.   

Il leur faut aussi être créatifs et imaginer l'agencement des différents tableaux qui composeront le spectacle pyrotechnique. L'Estonie a choisi le thème « True strength » (la vraie force), en référence aux émotions qui nous animent lors de nos relations avec les autres, qu'elles soient amicales ou amoureuses. « Avec des hauts et des bas », précise la pyrotechnicienne. Du coeur au ciel embrasé, il n'y aurait qu'un tir.

La compagnie estonienne fait ses débuts au Canada : le spectacle de samedi constitue sa carte de visite pour d'éventuelles collaborations futures.  

Grâce à cette compétition annuelle, les Ottaviens, Gatinois et visiteurs de passage pourront continuer à admirer les feux d'artifice qui drainent chaque fois de plus en plus de spectateurs, toujours prêts à s'extasier devant une cascade de feu descendant à la surface de l'eau et à applaudir au bouquet final.

Pour y aller

Quand: 13 août

Où: Musée canadien de l'histoire

Renseignements: www.feux.qc.ca

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