Le folk dépouillé

The Lumineers sera sur la scène du Bluesfest... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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The Lumineers sera sur la scène du Bluesfest d'Ottawa, ce samedi dès 21h30.

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Les Lumineers ont conquis la planète avec leur musique folk aussi dépouillée qu'accrocheuse, qui les a menés au gala des prix Grammys et même dans le iPod du président Obama. Fort de son deuxième album, Cleopatra, le trio américain sera de passage à Ottawa, dans le cadre du Bluesfest, samedi soir. Entretien avec le cofondateur du groupe, le batteur et percussionniste Jeremiah Fraites.

Le Soleil - Vous avez commencé cette aventure musicale avec Wesley Schultz (voix, guitare) en 2002, après quoi Neyla Pekarek (violoncelle, voix), s'est jointe en 2010. Vous avez dû patienter un long moment avant de connaître le succès. Est-ce qu'il y a eu un moment où vous vous êtes dit «ceci ne marchera jamais» ?

Jeremiah Fraites -  Oui, je crois qu'il y a sept ans, c'est ce que je me suis dit. Si vous voulez faire de l'argent dans ce monde et connaître le succès, vous devriez faire un autre métier. Les probabilités ne sont pas en votre faveur... Ironiquement, je crois qu'il y a six ou sept ans, je pensais qu'on deviendrait un gros groupe avec un tout autre son. Puis j'ai réalisé que personne ne portait vraiment attention à nous... Quand on a fait notre premier album sous le nom des Lumineers, je me suis dit que ça prendrait quatre ou cinq ans à faire embarquer les gens, que ce serait graduel, et tout à coup, ç'a débloqué. C'est comme si ça nous avait pris 10 ans à être un succès instantané! 

LS -  On raconte que les Lumineers ont été une façon de passer à travers le décès de votre frère, qui était aussi le grand ami du chanteur Wesley Schultz. Est-ce que le groupe doit être vu comme une sorte d'hommage au disparu?

JF - Mon frère est décédé en 2001 et je crois que Wes et moi avons commencé à faire de la musique en 2004 ou 2005, donc ce n'était pas nécessairement autour de cette tragédie, mais il était l'ami de Wesley et il était bien sûr mon grand frère. Il est toujours avec moi, je pense toujours à lui. Il y a des choses qui ne disparaissent jamais, peu importe le nombre d'années qui passent... Le band est davantage un hommage à ce qui nous arrive dans la vie en général, que ce soit la mort de mon frère ou celle du père de Wes, qui est décédé du cancer en 2007. Le groupe est pour moi et Wes comme notre église sans religion, ce qui nous donne un réconfort et de la paix, qui nous permet de vivre avec ces éléments difficiles et on espère que ça parle à d'autres personnes. Et au-delà de tout ça, on est obsédé par la musique, on aime ce que l'on fait, on n'y réfléchit pas trop, on ne peut juste pas s'arrêter!

LS -   Il y a cette anecdote selon laquelle votre nom est en fait celui d'un autre groupe. Vous aviez été présenté, à tort, comme les Lumineers par un maître de cérémonie et par la suite, vous avez décidé de conserver ce nom. Ce que l'histoire ne dit pas: qu'est-il arrivé aux premier Lumineers? Vous avez entendu parlé d'eux?

JF - Non... Ça fait déjà un petit moment. Ils avaient un compte MySpace, mais qui n'était plus actif. Je crois qu'on s'est simplement dit que c'était un bon nom pour nous... Il y a beaucoup de groupes qui ont le même nom, c'est juste question de voir celui qui l'utilise le plus...

LS -   Vous avez tourné pendant près de quatre ans avec votre premier album, éponyme. Est-ce que ceci a eu un impact sur les chansons de Cleopatra? 

JF - Oui. Ça peut être épeurant quand vous êtes en studio en train d'enregistrer: vous vous dites que vous devez vraiment aimer cette musique. Parce que pour le premier album, on a été en tournée pendant trois ans et demi. Sans compter qu'on tournait de notre côté avant même que vous puissiez trouver les Lumineers dans Internet, alors pour le deuxième album, il y avait des craintes sur le type de musique qu'on écrirait: «les chansons doivent être bonnes, parce qu'on va tourner encore beaucoup et les jouer devant des milliers de personnes et ne veut pas faire semblant, on veut les incarner». Une fois que vous vous êtes débarrassés de cette paranoïa, c'est plus aisé d'écrire. 

LS -   On vous a souvent comparé à Mumford  & Sons or maintenant que Mumford & Sons est allé du côté électrique, ça vous laisse toute la glace voulue. Souhaitez-vous être les porte-étendards de cette musique folk ou pourriez-vous aussi changer de direction musicale?

JF - Tout est possible. Il y a beaucoup de similitudes entre nous et Mumford & Sons. Parfois, ces ressemblances ont été exagérées; des gens ont laissé entendre qu'on avait voulu les copier, alors qu'on jouait déjà nos pièces depuis longtemps. Et ç'aurait été difficile de copier leur son. Je crois que c'est simplement une coïncidence qu'on ce soit retrouvé avec cette facture folk. Au final, Wes et moi essayons d'écrire la musique que nous aimons. Ce n'est qu'une coïncidence que notre genre ait été en vogue durant cette période. Je crois que cette mode est déjà terminée: à tous les sept ou 10 ans, il y a toujours un nouveau genre qui s'impose et devient populaire. Mais j'aime penser que nous ne sommes pas un groupe qui ne fait qu'écrire dans un genre. Radiohead ou les Beatles sont d'excellents exemples de groupes qui ont changé leur son tout en demeurant reconnaissables. 

LS -  Lors de prestations extérieures dans les festivals, comment pouvez-vous déployez un son puissant tout en restant fidèle à votre répertoire acoustique?

JF - Lorsque nous jouons dans de petites salles, on essaie de sonner gros et parfois, dans un lieu plus gros, c'est agréable de rester plus modeste, si ceci peut faire du sens. Je crois que bien des formations dans les festivals essaient que chaque pièce soit puissante et rapide. On a des pièces puissantes et on certainement des chansons plus rapides, mais je crois que même si c'est intéressant de faire réagir bruyamment une grosse foule, c'est encore plus réjouissant de pouvoir lui faire apprécier quelque chose de minimaliste ou de nuancé, qui demeure distrayant. On essaie encore de figurer comment jouer sur ces vastes scènes; les Lumineers ne sont pas habitués de jouer devant près de 70 000 personnes...

Pour y aller:

Quand: Le 9 juillet, 21 h 30

Où: Plaines LeBreton

Renseignements: ottawabluesfest.ca

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