Le plaisir déconcertant du thérémine de Jørgensen

Thorwald Jørgensen et son thérémine.... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Thorwald Jørgensen et son thérémine.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE/ Le thérémine s'avère assurément un instrument étonnant.

Sous les mains agiles de Thorwald Jørgensen, il est capable d'envolées lyriques, quasi vocales sur Bachiana nº 5 de Villa-Lobos, ou encore d'imiter le chant du Rossignol du Russe Alexandre Aliabiev, mais aussi de distorsions pleinement assumées. 

Toutes ses particularités en rendent l'écoute aussi fascinante que déconcertante par moments. De passage à Ottawa dans le cadre du festival Musique et autres mondes, le Néerlandais a donné le premier de deux concerts dans la région, mardi après-midi, devant une centaine de curieux rassemblés en l'église First Baptist.

Il y a d'abord le thérémine en lui-même, sorte de boîte de bois de laquelle sortent deux antennes: l'une s'étirant en boucle à l'horizontale, l'autre se dressant à la verticale. Entre elles, un champ d'ondes magnétiques, dans lequel semblent danser les mains du musicien.

Il a donc ensuite le jeu de l'artiste, digne d'un chef d'orchestre dirigeant son ensemble - sans sa baguette, puisque le thérémine se joue sans contact. 

Ainsi, de sa main gauche, Thorwal Jørgensen donnait l'impression de pianoter et de pincer l'air (tout en augmentant ou baissant le volume sonore de l'instrument ce faisant); alors que de la droite, il modulait sa gamme de notes, des plus aiguës aux plus basses, en se rapprochant au plus près ou en s'éloignant de l'antenne (créant même un vibrato parfois du bout des doigts).

Mais était-ce la voix trop douce de l'artiste, accompagné au piano par Jean Desmarais? 

Un volume mal ajusté de son micro ou des haut-parleurs branchés sur celui-ci? Une combinaison de ces deux irritants? Toujours est-il qu'il a été impossible pour la majorité des gens présents mardi après-midi de bien entendre les explications du théréministe sur le fonctionnement de son instrument de même que ses présentations des pièces au menu. 

C'était d'autant plus décevant, pour ne pas dire frustrant pour le public avide d'en apprendre plus, que Thorwald Jørgensen avait changé certaines des oeuvres prévues et dont les titres avaient été imprimés dans le programme.

Qu'à cela ne tienne, il a malgré tout vogué avec aisance - et un évident plaisir - entre un répertoire plus classique (incluant deux Mélodies hébraïques de Maurice Ravel) et un autre résolument plus contemporain (dont Sirenum Scopuli de l'Ottavien Victor Herbiet, d'ailleurs sur place). Entre l'Ave Maria de Schubert, dans les arrangements de Wilhem et servi en rappel, à un extrait de Good Vibrations des Beach Boys (!).

Du lot, c'est toutefois sa propre composition Distant Shores qui est clairement ressortie du lot, alliant boucles vocales et cris de goéland (évoqués par le thérémine) à une trame dramatique et franchement envoûtante.

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