Le temps plus frisquet n'a pas découragé les amateurs de folk de la région, qu'ils l'aiment mâtiné d'un air de country ou encore d'une touche résolument planante, atmosphérique ou même éclectique. Ils s'étaient donc donné rendez-vous au parc Hog's Back - manteaux ou couvertures sur le dos, voire tuques calées sur les oreilles pour les plus frileux - pour profiter de l'avant-dernière soirée du Festival Folk d'Ottawa, mettant notamment en vedette les Montréalais de la formation de Patrick Watson.
De la bonne compagnie
Ce dernier a entamé la soirée seul au piano, tout en douceur, berçant d'abord la foule du vent du large (qui soufflait plutôt frais, hier soir) avant que Lighthouse ne prenne des teintes dignes d'un western de Sergio Leone (ou d'une musique d'Ennio Morricone), trompette rutilante à l'appui.
Car en plus de ses trois comparses habituels - les éternels Simon Angell à la guitare, Mishka Stein à la basse et Robbie Kuster à la batterie -, le chanteur était entouré d'une violoniste et d'un trompettiste. Le groupe a aussi bénéficié de jeux d'éclairage, d'effets de fumée (qu'on aurait presque pu croire de feu de camp!), de projections vidéos sur deux écrans circulaires placés de chaque côté de la scène. Autant d'éléments qui ont supporté une prestation aussi énergique que chaleureuse, faisant presque oublier que le spectacle se déroulait à l'extérieur...
Jusqu'au moment où, voulant réchauffer les spectateurs massés en bloc devant la scène en leur offrant la délicate Words In The Fire (justement composée autour d'un feu de camp, lors d'une tournée dans le Nord du Québec), il a dû composer avec l'intervention impromptue et, surtout, intrusive de la formation de Dan Mangan. Celle-ci, qui allait monter sur la scène adjacente une heure plus tard, s'est mise à répéter à grands coups de batterie et d'élans de guitares électriques, cassant l'ambiance plus intimiste établie - et rappelant cruellement la réalité parfois détonnante d'assister à une performance dans le cadre d'un festival... Cela n'a cependant pas empêché Patrick Watson de poursuivre, avant de prendre la situation avec un grain de sel et de saluer, en riant, à la fin de la pièce: «On drums... Dan Mangan!»
Plus de détails dans LeDroit du 10 septembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca