Doctes
On le sait déjà depuis quelques années, la déliquescence de l'industrie du disque, la diminution de l'aide financière institutionnelle et la flambée des cachets n'aident en rien la tenue des festivals. Sans compter la présence d'un concurrent gargantuesque, depuis que le FIJO doit composer avec un Bluesfest de plus en plus gourmand. Comment convaincre le public de débourser 49dollars pour un laissez-passer d'une journée? Il faudra miser sur la vente des passeports - 175$ pour les 11 jours de festivals - et cibler des niches très motivées.
Comme celle du Britannique Dave Holland, contrebassiste de renom et artiste-phare de la programmation (22, 23, 24 juin). Il renouera dès le premier soir avec un ancien complice, le pianiste et compositeur Kenny Barron.
Cette année, le saxophone sera souvent à l'honneur, le nouveau directeur de la programmation Petr Cancura jouant lui-même de l'instrument. Les amateurs se délecteront de la prestation du saxophoniste et compositeur Joe Lovano, récipiendaire d'un Grammy, et du trompettiste Dave Douglas (25 juin). Sans oublier cet autre duo, composé de Branford Marsalis, et du pianiste de son quartet Joey Calderazzo (26 juin). Des maîtres à découvrir dans la Série Studio au CNA. Et pour les néophytes qui préféreraient des airs connus, la même série invite le guitariste Bill Frisell et son groupe à interpréter des compositions de John Lennon (27 juin).
Résidents d'ici
International, certes, mais aussi régional, le FIJO accorde une vitrine aux artistes de nos rives. Parmi eux, on y retrouvera la chanteuse Caridad Cruz Vilain, établie à Chelsea mais originaire de La Havane, dont elle conserve la tradition musicale afro-cubaine (30 juin), ainsi que les 6 musiciens du Dry River Caravan, pour du jazz-folk accrocheur en fin de soirée (22 juin). L'ambiance sera tout aussi festive avec la venue de nos voisins de Québec, les Lost Fingers, pour un concert gratuit à l'occasion de la fête du Canada.
Mixes
Du jazz, oui, mais pas seulement. John Mayall, des Bluesbreakers (qui a notamment accueilli Eric Clapton et Mick Taylor) donnera le coup d'envoi de la première journée du festival le 21 juin, sur la grande scène du Parc de la Confédération. Plus tard dans la soirée, c'est au tour du chanteur et guitariste Robert Cray de faire vibrer le parc de son R&B d'excellence. Quant aux couleurs du bluegrass, elles seront défendues par le maître du banjo à cinq cordes, le comédien à la voix de crooner Steve Martin (26 juin).
De la nouvelle génération de jazzmen, le prodige Trombone Shorty mêlera au style classique de la Nouvelle-Orléans, le funk et la soul, entrecoupés de hard-rock et de beat hip-hop (25 juin).
Femmes
Pas de surprise de ce côté-là, il est rare qu'un festival de jazz se préoccupe de parité. Parmi les dames invitées au cénacle de ces messieurs, et en haut de l'affiche, la bassiste, vocaliste et compositrice Esperanza Spalding (27 juin). À voir également, Janelle Monáe, chanteuse américaine que l'on peut entendre sur le succès We Are Young de Fun. (23 juin).
On retiendra aussi la venue de Liane Carroll, l'une des figures les plus populaires de la scène britannique jazz, chanteuse et pianiste d'exception, ancienne collaboratrice de Paul McCartney (22 juin), celle de la mezzo-soprano Julie Nesrallah (le 29), de la New-Yorkaise Becca Stevens et son ukulélé (28 juin), ou encore de la violoniste tchèque Iva Bittova (23).
Soleil
Afro, latino, ethno, le jazz sera servi chaud brûlant au FIJO. Du littoral méditerranéen, le Luca Ciarla Quartet et sa musique irisée d'une touche tzigane (21 juin). Du Brésil abrasif, les 13 musiciens endiablés du Projeto Coisa Fina (22 juin), mais aussi Forro in the Dark (24 juin) sur une musique festive du nord-est du pays.
Sous l'astre tunisien, c'est Anouar Brahem qu'il faudra écouter aux côtés de Dave Holland et de John Surman pour se laisser fondre par la fusion du jazz et de la musique classique arabe (le 23 juin). Sans oublier le reggae velouté de Ziggy Marley, fils aîné du grand Bob (le 26).
La puissance big band
Oreilles sensibles s'abstenir. Le 28 juin, le FIJO sera l'hôte de l'un des plus grands ensembles actuels en jazz, le Mingus Big Band, célèbre pour perpétuer la musique du compositeur et bassiste Charles Mingus, décédé en 1979. Le lendemain, le trompettiste américain Chris Botti investira le Parc de la Confédération, accompagné de l'orchestre du Centre national des arts. Avis de tempête musicale sur la région.
Si la nuit continue
Envie de danser, de contempler la lune en musique? Le festival joue les prolongations tard dans la soirée. Combinez la voix doucereuse de Slim Moore, les cuivres mielleux et le rythme enjôleur des Mar-Kays, vous finirez la nuit en beauté sur des notes soul, soyeuses et langoureuses (23 juin). Le 24 juin, c'est au tour de l'ex-Patère rose, Fanny Bloom, de venir enchanter les étoiles, pour un concert en solo, en toute intimité.
Les noceurs trouveront leur bonheur en swinguant avec Soul Rebels. «Big sound, big band, big show», promet le programme dans sa Série fin de soirée (25 juin). Bigre alors!
POUR Y ALLER
QUAND? Du 21 juin au 1er juillet
OÙ? Parc de la confédération et autres sites
RENSEIGNEMENTS? 613-241-2633, www.ottawajazzfestival.com