Everything Now, par Arcade Fire ***1/2

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Une première écoute, et on est pris d'une irrésistible envie de danser.

Ça tient tantôt aux sonorités groovantes évoquant aussi bien Talking Heads que Prince, notamment; tantôt aux effluves disco qui affleurent, de manière dangereusement efficace, de la nouvelle galette des Montréalais. On ne s'en étonne pas, quand on sait qu'ils ont eu recours à Thomas Bangalter (Daft Punk) et Steve Mackey (Pulp) pour la réalisation... Et qu'ils se sont assurément inspirés d'ABBA pour la suave pièce titre, par exemple.

Car à la deuxième écoute, on finit par tendre l'oreille à l'essence d'Everything Now qui, sous ses airs savamment texturés pour faire bouger (incluant des effets de choeurs, encore là souvent «abba-esques» dans la manière de marier les voix de Win Butler et Régine Chassagne, entre autres), évoque des réalités passablement moins légères.

Propension à vouloir tout, tout de suite; peur de vieillir et de devoir faire face à ses responsabilités; confort de l'indifférence et désillusion; et le sexe, tellement moins engageant que l'amour en cette ère de surconsommation rapide et facile d'images à l'infini («Love is hard / Sex is easy», chante Butler sur Signs Of Life, qui se mâtine d'une ambiance à la Thriller de Michael Jackson): les constats sont aussi crus que sombres. En témoignent éloquemment certains titres, d'ailleurs: Creature Confort, Peter Pan, Put Your Money On Me (une réponse à Lay All Your Love On Me d'Abba?) ou encore l'autrement fort jolie ballade intitulée... We Don't Deserve Love.

Restent donc les mélodies entraînantes qui, servies en contre-poids aux propos plutôt pessimistes, infusent à leur manière un sentiment d'urgence invitant à bouger avant qu'il ne soit trop tard.




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