Patchwork de danses pour les Grands Ballets

Les Grands Ballets canadiens de Montréal ravivent la Salle Southam avec l'une... (Courtoisie)

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Les Grands Ballets canadiens de Montréal ravivent la Salle Southam avec l'une des pièces maîtresses de leur répertoire, Minus One, chorégraphiée par l'Israélien Ohad Naharin qui a déjà été programmé au Centre national des arts en janvier avec Last Work.

En dépit de son titre, Minus One joue la surenchère : plus d'une trentaine de danseurs pour interpréter sept extraits de ballets qui s'enchaîneront sur une heure et demie de spectacle, sans entracte. La vénérable compagnie 

montréalaise, 60 ans cette saison, s'offre un anniversaire copieux avant le départ de son directeur artistique Gradimir Pankov dans quelques mois.      

« D'habitude, nous jouons six performances à Montréal, mais avant de partir en tournée à Paris, nous avons dû rajouter deux représentations, car tout était complet », se réjouit-il. À Ottawa, l'unique performance aura lieu ce samedi, qui clôt aussi la foisonnante saison 2016/17 en danse du CNA. 

On découvre dans le programme que pour cette commande passée en 2002, Ohad Naharin, directeur de la compagnie nationale israélienne La Batsheva Dance Company, a juxtaposé sept extraits de différents ballets pour parvenir à une oeuvre unique où chacun des interprètes s'exprime en voix off, raconte sa propre histoire et partage son rapport à la danse. Le parti pris s'annonce fulgurant, musclé, très expressif, sur une trame sonore alternant chants traditionnels et populaires, musiques baroques, folkloriques et compositions originales.

« C'est presque un classique pour nous, poursuit le directeur de la compagnie. Nous recevons sans cesse des invitations à présenter cette pièce. »

Peu de changements depuis la création originale en 2002, si ce n'est la modification discrète de quelques pas et les ajustements nécessaires à apporter afin d'intégrer les nouvelles recrues de la compagnie. 

Cette collaboration charnière avec le chorégraphe israélien, il y a 15 ans, M. Pankov la porte depuis longtemps.

« J'ai rencontré Ohad en 1986, à une période où il n'était pas aussi connu, raconte-t-il. Il dansait à New York et je dirigeais le Ballet Cullberg de Stockholm. J'ai vu la pièce Tabula Rasa, et je l'ai beaucoup aimée. J'ai voulu qu'il nous propose quelque chose, à Stockholm. Mais je suis parti avant en acceptant de reprendre la direction du Ballet du Grand Théâtre de Genève. Je l'y ai donc invité avec Tabula Rasa. À partir de ce moment-là, notre collaboration s'est poursuivie de façon quasi annuelle à Genève. » 

« Quand j'ai déménagé à Montréal en 1999, je lui ai demandé de créer un spectacle pour les Grands Ballets canadiens. Mais il était si débordé avec sa propre compagnie qu'il lui était difficile d'avoir des idées nouvelles pour une commande extérieure. Je lui ai donc suggéré de reprendre des extraits de ce qu'il avait déjà créé en les liant à de nouveaux pas. C'est devenu une pièce de 1 h 25 min » 

Et une carte de visite internationale pour les Grands Ballets qui l'a défendue à Munich, Berlin, Madrid, New York et aussi en Chine, entre autres. 

Mais pour Gradimir Pankov, qui fêtera bientôt ses 79 ans, le voyage au sein de la compagnie prendra fin avec la présente saison, lui qui a dirigé des ballets dans le monde entier la plus grande moitié de sa vie. Pour évoquer cette retraite tardive, il choisit ses mots, à la fois intime et distant, pensif et ému : « Aucun regret de partir, sourit-il, j'ai juste envie de prendre un peu de temps pour moi et mon épouse. »

De sa vaste carrière de directeur de ballet,

M. Pankov conserve peut-être la nostalgie de ne plus trouver de chorégraphes avant-gardistes sur les scènes actuelles. Où sont les Maurice Béjart et Pina Bausch de notre époque ?, se demande-t-il.

« De nos jours, c'est un peu pauvre, note le directeur. Il n'y a plus de parti pris dramaturgique fort. Les chorégraphes font tous plus ou moins la même chose et les changements se retrouvent surtout dans les costumes et les éclairages. Les danseurs bougent bien, mais il n'y a plus de matière à réflexion ». Selon lui, cela s'expliquerait surtout par la frilosité d'un milieu menacé par la faillite financière. 

« Aucun chorégraphe ne peut se permettre de prendre des risques, déplore-t-il. Et sans risque, il n'y a aucun moyen d'avancer, donc rien de novateur... »

Pour y aller

Quand? 6 mai

Où? Salle Southam du CNA

Renseignements? Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787




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