Eric Gauthier, retour d'un expatrié choyé

Le CNA attend la troupe du Gauthier Dance//Dance... (Regina Brocke, courtoisie)

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Le CNA attend la troupe du Gauthier Dance//Dance Company Theater-haus Stuttgart.

Regina Brocke, courtoisie

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Ils sont presque nus et dansent sur des airs de Dean Martin. Dans une autre chorégraphie, un duo retrace 102 positions du pas-de-deux classique. Voici un avant-goût des cinq pièces présentées par la compagnie Gauthier Dance//Dance Company Theater-haus Stuttgart, à découvrir le 11 mars à la Salle Southam du Centre national des arts. Il s'agit d'une première apparition à Ottawa pour cette troupe fondée il y a tout juste une décennie par le Québécois expatrié en Allemagne, Éric Gauthier.

La célébration du 150e anniversaire de la Confédération sera aussi celle des artistes canadiens, en activité au pays ou partis. Cela fait plus de 20 ans qu'Éric Gauthier a déménagé à Stuttgart sur invitation de Reid Anderson, l'ancien directeur de l'école du Ballet national, nommé à la tête du ballet de Stutt­gart en 1996.

«Sans le dire explicitement, il nous a fait savoir qu'on pouvait postuler pour le rejoindre en Allemagne», se souvient Éric Gauthier, alors étudiant au Ballet national, à Toronto.

Le danseur et chorégraphe livre tout en vrac, happé par les associations d'idées et l'excitation des bons souvenirs : sa vocation après avoir vu, enfant, la comédie musicale Cats ; ses 12 ans au sein du ballet de Stuttgart ; puis l'offre indéclinable de fonder la première compagnie en danse du Theaterhaus, en 1997. Talent de conteur, scénario qui ne manque pas de sel...

«En Allemagne, chaque ville possède son propre théâtre avec ses compagnies résidentes, explique M. Gauthier en retrouvant l'accent de son enfance. Les directeurs artistiques n'ont pas besoin de perdre leur temps pour obtenir des financements privés, ils peuvent se consacrer entièrement à leurs créations.» Le paradis des artistes ?

Regard sur le Canada

S'il revient régulièrement y présenter ses spectacles, Éric Gauthier tient aussi à faire rayonner les talents canadiens chez lui, à Stuttgart. Marie Chouinard, Louise Lecavalier, les Ballets Jazz de Montréal...tous ont été conviés à son festival Colours, une biennale qui présente et coproduit des spectacles en danse du monde entier. «Cela me paraît évident d'y inviter des chorégraphes canadiens, renchérit-il. Ils jouissent d'une bonne réputation internationale et font partie de mon héritage.» À l'image du programme proposé le 11 mars. 

Les pièces ont été commandées à des chorégraphes de tous horizons : le Suédois Johan Inger, l'Espagnol Alejandro Cerrudo, le Grec Andonis Foniadakis, l'Italien Mauro Bigonzetti. La compagnie d'Éric Gauthier aime attirer les talents galvanisants de la planète danse. Et s'y projette régulièrement en tournées internationales.

«J'aurais le financement pour embaucher deux autres danseurs, mais je préfère que l'on reste à 16 afin de nous donner plus de chances de voyager.»

Cette pyrotechnie de complicités et de collaborations artistiques lui a valu plusieurs honneurs dans son pays d'adoption. Eric Gauthier ne manque pas de munitions pour la suite de sa carrière. «Le maire et le premier ministre de la province ont promis de faire construire un théâtre pour ma compagnie en investissant plus de 30 millions d'euros». Une autre façon de raconter le succès d'une vie d'artiste, sur un autre continent.

Pour y aller

OÙ? Centre national des arts

QUAND? 11 mars

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787




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