Onegin, petit séducteur pour ballet grandiose

Le ballet Onégin présenté au Centre national des... (Courtoisie)

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Le ballet Onégin présenté au Centre national des arts donne des frissons. Un spectacle à voir et pourquoi pas, à revoir.

Courtoisie

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CRITIQUE / Des salves d'applaudissements nourris, un accueil plus que chaleureux à l'issue de la première représentation d'Onegin, jeudi soir.

On a eu la chair de poule, à la toute fin des 2h30 de représentation, quand Tatiana nous a quittés en serrant les poings seule en scène, la tête renversée, impuissante. Un frisson final, aussi vif que l'élan qui emporte la jeune fille (interprétée par Xiao Nan Yu) vers le sombre et ténébreux Eugène Onéguine, lequel l'ignore superbement et joue de ses sentiments.

La limpidité des destins, les mouvements très nets, la fulgurance de la douleur, tout est précis, ramassé, dans cette version luxueuse du Ballet national du Canada, à l'affiche de la Salle Southam jusqu'au 21 janvier.

Ces amours contrariées contiennent toutes les épreuves d'un parcours du combattant orchestré avec passion, façon Tchaïkovsky. À savoir trois actes et deux entractes, un duel fatal et une surenchère de variations travaillant dans le spectaculaire. Le tout truffé de détails scénographiques et de portés époustouflants.

En quelques secondes, les yeux de Tatiana, prise au piège par l'amour, volent, s'éparpillent, reviennent se planter dans ceux d'Onéguine pour se perdre ensuite définitivement.

Elle l'implore, il joue aux cartes et abat ses atouts comme autant de couperets d'indifférence. Mais Onéguine a la guigne. À force de faire battre trop de coeurs, il finira par rendre jaloux son ami Lensky, qui le provoquera dans un duel rouge sang.

Sans plomber le propos par trop de pantomime, le récit de ce ballet magnifiquement chorégraphié par John Cranko en 1965 se lit dans les moindres détails, en particulier avec la première danseuse Xiao Nan Yu. L'éventail des nuances psychologiques s'ouvre et se ferme avec brio chez cette interprète qui signe sa 20e saison au sein du ballet national.

Observer sa technique est un pur régal. On savoure la suspension magique de ses pas et sauts qui semblent parfois se figer en plein vol. Sa danse se démarque par une virtuosité invraisemblable, détente et précision conjuguées. Il faut dire que la partition de ce rôle principal regorge de moments forts comme au deuxième tableau où son partenaire Mc Gee Maddox la hisse très haut en ne la tenant que par les chevilles, avant de la laisser choir à terre. Lui-même à des airs de Dracula qui ne contredisent aucunement son profil psychologique.

John Cranko semble avoir articulé l'ensemble de sa chorégraphie selon des forces d'attraction et de répulsion, au diapason des coeurs. Aussi saisissant qu'haletant, le duo final entre Onéguine et Tatiana exacerbe toutes les tensions du ballet.

Les tableaux de groupe ne sont pas en reste, comme cette traversée en farandole du plateau où les danseuses se retrouvent soulevées dans les airs par leurs partenaires qui les tiennent à bout de bras.

Revanche de la chorégraphie sur le récit? Alors que ces dames s'époumonent à courtiser des séducteurs qui ne se soucient guère de leurs émois, elles finiront par leur damer le pion en dansant les plus beaux rôles du ballet. Et avec quelle grâce naturelle!

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 21 janvier

Où? Centre national des arts

Renseignements? Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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