Cherkaoui sait tout faire

Sidi Larbi Cherkaoui présente Fractus V au CNA.... (Courtoisie)

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Sidi Larbi Cherkaoui présente Fractus V au CNA.

Courtoisie

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C'est un feu follet insaisissable, imprévisible, toujours en mouvement. Sidi Larbi Cherkaoui, 40 ans, jongle avec les projets, saute d'une ville à l'autre, enchaîne spectacles, collaborations artistiques. Il change fréquemment de style et ouvre ses créations au métissage culturel. La dernière en date, Fractus V, le voit plonger au coeur d'un quintette d'hommes venus d'horizons divers : danse contemporaine, cirque, hip-hop, flamenco...

Cette chorégraphie, à l'affiche du CNA les 18 et 19 novembre, a pris naissance à la suite d'une commande pour le 40e anniversaire du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch.

« Chaque spectacle est un hommage à elle, explique-t-il, dans le sens où elle m'a énormément influencé dans la manière de réfléchir la chorégraphie, la nécessité du mouvement, la liberté que l'on peut prendre. »

Sidi Larbi Cherkaoui a mis la danse en équation avec son temps jusqu'à devenir un as de la flexibilité. Une saison, il travaille avec des moines d'un monastère Shaolin (Sutra), une autre, il chorégraphie un spectacle de Beyoncé. Capable de tout faire, et même de ne pas danser !

« Je performe de moins en moins, reconnaît le nouveau directeur artistique du Ballet Royal de Flandre. L'an passé, je me suis dit qu'il fallait que je crée quelque chose pour moi, j'avais envie de m'entourer de danseurs qui me touchent, comme si c'était des reflets de moi, amplifiés. »

Des concepts et de la danse

Rien d'antinomique pour le chorégraphe belge d'origine marocaine par son père. Déterminé à ne pas cadenasser son art dans des recettes rapidement stériles, Sidi Larbi Cherkaoui redéfinit à chaque nouvelle pièce son désir de danser et de chorégraphier. Pour Fractus V, il multiplie les connexions audacieuses en s'inspirant, notamment, du linguiste américain Noam Chomsky et du philosophe anglais Alan Watts.  

« Noam Chomsky démontre à quel point chaque système politique crée des victimes, analyse le chorégraphe, il révèle une nécessité de s'organiser les uns les autres, de travailler ensemble tandis qu'Alan Watts défend une approche plutôt solitaire par rapport au monde, quasi ésotérique, selon lui il faut trouver cette paix de l'âme qui fait que l'on n'est pas constamment en train de souffrir à travers notre connexion avec les autres. » 

Le titre du spectacle renverrait à cette « fracture à l'intérieur de nous-mêmes et dans la société, à la manière dont tout se divise en mille morceaux et s'éclate en petites minorités ». Le sujet chaud bouillant est plus que jamais d'actualité, surtout des États-Unis où M. Cherkaoui voyage présentement en tournée.  

« Une peur s'est mise en place, autant de l'étranger que du familier, remarque-t-il. Il y a une manière de regarder l'autre à travers des filtres qui ne sont peut-être pas les plus révélateurs mais la seule façon d'aller au-delà, de ne pas avoir peur, c'est de se dire qu'on est là pour agir, pour être les uns avec les autres. »

Une première version du spectacle a été créée au Canada, lors de trois semaines en résidence artistique, à Montréal. « J'adore le Canada, j'y trouve une énergie très reposante et analytique ! » Fractus V  représente le 5e spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui présenté au CNA depuis 2008.

Pour y aller

Où ? Centre national des arts

Quand ? 18-19 novembre

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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