Le Shanghai Ballet fait revivre Giselle

La directrice du Shanghai Ballet, Lili Xin... (Etienne Ranger, Le Droit)

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La directrice du Shanghai Ballet, Lili Xin

Etienne Ranger, Le Droit

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Après-midi ensoleillée pour amortir une journée de décalage horaire. Sous la houlette de sa directrice Lili Xin, le Shanghai Ballet vient de poser chaussons et costumes au CNA, après plus de 13 heures de vol, direction Toronto, puis Ottawa. Une soixantaine d'interprètes chinois s'activent en coulisses. Dans une salle bondée, les répétitions à la barre ont déjà débuté ; au bout du couloir, on vérifie les maquillages. « Où sont les clés des loges ? » demande avec empressement l'un des nombreux assistants.

Les robes du ballet Giselle, à l'affiche de la salle Southam du 10 au 12 novembre, ont déjà été déballées. Aucun folklore asiatique en vue. 

Outre les nombreux fumeurs qui ont pris d'assaut les alentours du bâtiment pour une pause, appareil photo au cou, l'antre du CNA bat à plein régime, comme en toute veille de première.

Vingt-cinq ans après avoir présenté à Ottawa La Fille aux cheveux blancs, une oeuvre fondatrice créée durant la Révolution culturelle chinoise et médaille d'or de la meilleure oeuvre de danse classique chinoise du XXe siècle, le Shanghai ballet revient avec la romantique Giselle, présentant la version originale signée Marius Petipa.

Dans l'entrée des artistes, on croise justement Giselle - manteau rose bonbon et sac à dos multicolore - la danseuse « Snow », comme la surnomment ses collègues, Bingxue Qi dans le programme. 

L'exercice de traduction est acrobatique : du français à l'anglais, lui-même traduit en mandarin... Comment qualifierait-elle son rôle ? 

« De personnalité compliquée, explique Bingxue Qi de but en blanc. Elle a un côté très dramatique et fait tout un plat de la moindre histoire. »

Une nouvelle génération de danseurs

Originaire de la province de Hainan dans l'extrême sud du pays, Bingxue Qi a rejoint l'école de ballet de Shanghai dès l'âge de neuf ans. Depuis 2014, elle est première danseuse au Shanghai Ballet et suit la discipline de fer de la compagnie : des répétitions neuf heures d'affilée, six jours sur sept.

« C'est une fille très intelligente, très jeune mais capable de travailler fort, assure sa directrice Lili Xin. La compagnie a misé beaucoup sur elle. » 

À tout juste 20 ans, Snow a déjà interprété plusieurs rôles principaux mais Giselle constituera une première dans son répertoire, cette semaine : la danseuse a dû remplacer au pied levé une collègue blessée pendant les répétitions. Une aubaine pour Bingxue Qi qui « saute très vite les étapes » dans l'organisation, analyse Mme Xin. Un exercice de risque aussi, pour le Shanghai Ballet, puisqu'il signe ici son grand retour dans la capitale fédérale avec l'un de ses ballets signature interprété par une toute nouvelle génération de danseurs.      

Ancienne danseuse étoile de cette compagnie fondée en 1979 et entièrement financée par le gouvernement chinois, Lili Xin connaît bien Giselle, l'une des pièces les plus romantiques du répertoire créée en 1841 par Marius Petipa. Elle n'hésite pas à partager ses conseils à la relève : « tout le défi de l'interprétation réside dans le changement de personnalité entre le premier acte, où Giselle est une jeune fille et le second, où elle devient fantôme. »   

Mais qui est véritablement Giselle ? Une jeune paysanne belle et timide qui tombe amoureuse d'un beau garçon (Albrecht), qu'elle prend pour un paysan alors qu'il appartient à la noblesse. Jeu de masques. Elle en oublie son soupirant (Hilarion). Amour brisé net entre classes sociales différentes. Giselle, devenue folle et inconsolable, meurt d'amour. Et se transforme en Wilis, c'est-à-dire en créature qui revient sur la terre pour tourmenter les hommes infidèles et jouer avec leurs sentiments.

Désireux de se confronter à un chef d'oeuvre du répertoire classique, le Shanghai Ballet ne comptait pas revisiter à sa manière la chorégraphie mais plutôt mesurer son niveau à celui des plus grandes compagnies internationales... et salles de spectacles.

« À Ottawa, où j'ai dansé il y a 25 ans, je me souviens seulement d'un grand plateau où il y avait beaucoup de pas à faire ! » nous confie la directrice. À chacun son expérience de l'immensité typiquement canadienne...

Pour y aller

OÙ ? Centre national des arts

QUAND ? Du 10 au 12 novembre

RENSEIGNEMENTS : Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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