Danser aux éclats

AH/HA, une chorégraphie de Lisbeth Gruwez, décortique le... (Courtoisie)

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AH/HA, une chorégraphie de Lisbeth Gruwez, décortique le rire.

Courtoisie

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Dans AH/HA, le rire s'acoquine avec la danse. Pendant une heure, cette chorégraphie signée Lisbeth Gruwez décortique le langage du corps plié en quatre. La bonne blague ? Pas toujours. Si le rire spontané réagit à un trait d'humour, un peu plus long, il commence à être associé à la nervosité. Après, il peut être lourd, insupportable, stupide, voire violent ou plein de rage. Sous la patte de la chorégraphe belge, le rire déglingue tous les repères confortables. À découvrir au Studio du CNA du 6 au 8 octobre.

« C'est la première fois que je travaillais sur une pièce de groupe, évoque la fondatrice de la compagnie flamande Voetvolk. J'ai organisé des ateliers où une sélection naturelle s'est opérée. Le recours au yoga du rire a facilité la cohésion du groupe. Finalement, j'ai gardé les danseurs capables d'avoir un rire contagieux entre eux. »

Ils seront cinq à défendre AH/HA, le chiffre magique pour incarner une micro-société, selon la chorégraphe. Son équation est imparable : « Deux, c'est un duo, trois, pas assez, quatre, trop de paires alors qu'avec cinq interprètes, on commence à obtenir l'idée abstraite d'une société. »

Dans cette chorégraphie créée en 2014 et présentée, depuis, en tournée internationale, Lisbeth Gruwez se passionne encore et toujours pour le groupe et l'individu. 

« J'ai voulu développer des personnalités singulières, explique-t-elle, la pièce parle surtout des marginaux et des solitaires, comment ceux-là finissent par se rapprocher et dévoiler une part de tragique et de comique en eux. »

Encore faut-il souligner que Lisbeth Gruwez a ouvert un espace brûlant d'engagement rare dans le paysage chorégraphique. On se souvient l'avoir vu danser nue dans un bain d'huile sous la direction d'un autre Flamand, Jan Fabre. 

Ou bien décrypter les états de transe des orateurs dans un autre solo-choc (It's going to get worse and worse and worse, my friend). Sa démarche artistique ne cesse de s'intéresser aux corps en extase. 

« Je cherche à contrôler les corps dans des situations où ils deviennent incontrôlables, poursuit-elle, comme par exemple le rire qui nous réunit mais peut aussi nous séparer et devenir un paramètre d'exclusion. »  

Au croisement de l'émotion intime et de la force collective, AH/HA constituait un test pratique pour la chorégraphe sur le pouvoir du mouvement en groupe, sa capacité à évoquer l'immatériel à plusieurs. 

Son défi était alors de créer la chorégraphie tout en y prenant part, en tant qu'interprète ; une première, pour celle qui affûta son art auprès des plus grands chorégraphes d'aujourd'hui, Sidi Larbi Cher­kaoui (Foi) et Wim Vandekeybus, notamment.

« Sur cette première pièce de groupe, j'ai dû gérer les doutes de chacun, inventer la partition des autres avant la mienne et ce fut difficile parfois, parce qu'on lutte et qu'on ne peut pas montrer ou exprimer ses difficultés. Il faut être forte ou du moins savoir où l'on mène le groupe. Et pour y arriver, on est seule et on ne peut compter que sur soi. » Tout est dans le titre, interjection de joie qui, renversée en palindrome, peut aussi exprimer la douleur.

Pour y aller

Quand : Du 6 au 8 octobre, 20h

Où : Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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