Danser 45 pieds sous terre

Le spectacle se déroulera dans la salle destinée... (Courtoisie Rod MacIvor)

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Le spectacle se déroulera dans la salle destinée à stocker l'or du Diefenbunker, que l'on imagine particulièrement blindée.

Courtoisie Rod MacIvor

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Quoi? Un spectacle de danse présenté dans un bunker? C'est l'idée qu'a eue le chorégraphe Tedd Robinson pour la première de Trust, programmé au Festival Danse Canada samedi 11 juin (à guichets fermés). Direction 45 pieds sous terre pour découvrir ce duo réalisé en collaboration avec le compositeur et interprète Charles Quevillon.

Rappelons que le Diefenbunker - de son petit nom - a été construit à Carp dans le plus grand secret et au plus fort de la peur de la Guerre froide, entre 1959 et 1961. Il était destiné à abriter des centaines de dirigeants du gouvernement et officiers militaires en cas de guerre nucléaire.

Le spectacle se déroulera dans la salle destinée à stocker l'or, que l'on imagine particulièrement blindée. «Je cherchais un lieu de représentation intime, en correspondance avec l'espace scénique de La B.A.R.N.», explique le chorégraphe, fondateur de ce centre de recherche et de résidence artistique construit dans le Pontiac. 

«J'ai été séduit par le choix du bunker, par ce contraste qu'il offrait entre la vulnérabilité du corps humain et l'univers bétonné du lieu.»   

L'accessibilité au bunker constitue également un atout de taille pour les deux artistes en création: «Nous avons eu la chance d'y répéter une heure par semaine, pendant un mois, pour autant que les visites guidées se déroulent normalement.»

«L'espace résonne beaucoup, je n'ai jamais connu ça, poursuit le compositeur du spectacle Charles Quevillon. La particularité du lieu définit forcément ce qu'on peut y créer. La réverbération du son, par exemple, ralentit le temps et empêche d'une certaine façon la rapidité de mouvement.»

Confiance souterraine 

Le thème de Trust (la confiance) s'immisce en filigrane dans le paysage chorégraphique du spectacle. «Il s'agit de la confiance présente dans tous les aspects de la vie, mais aussi de l'attitude que l'on a vis-à-vis de la création, précise Tedd Robinson. Que signifie la confiance que l'on développe pour travailler ensemble? Est-ce une forme de protection? De liberté qui autorise la vulnérabilité?»

Autant de questions soulevées par la danse dans un site «symbole du manque de confiance», analyse le chorégraphe. 

Le directeur de 10 Gates Dancing, artiste associé du département de danse au CNA, pourrait longuement parler de la relation de confiance que le Festival Danse Canada entretient avec ses artistes. 

«Depuis les années 1980, j'y suis programmé presque tous les ans, se réjouit-il. Ce festival offre la possibilité aux artistes, danseurs et chorégraphes de se réunir régulièrement, ce qui n'est pas évident dans un pays aussi vaste que le Canada.»

Pour les spectateurs intéressés à découvrir ce spectacle et qui n'auraient pas pu acheter de billets, Trust sera reprogrammé en février 2017 par le Centre de danse contemporaine ODD.

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