C'est ça qui est Le Ça

La chorégraphe Marilou Lepine offre sa dernière création... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La chorégraphe Marilou Lepine offre sa dernière création à la Cour des arts.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les corps des cinq interprètes de sa pièce sont en sueur. Leur souffle court s'entend, pleinement audible malgré le cocon de musique ambiante concocté par Pierre-Luc Clément. Dans l'ombre, alors que les membres du quintette bougent tantôt au ralenti, tantôt avec sensualité, tantôt avec brusquerie, Marilou Lépine observe la gestuelle de chacun et prend des notes.

Rencontrée quelques jours avant la première de Le Ça/The Id, sa plus récente création présentée en marge du Festival Danse Canada, la chorégraphe de 27 ans repousse ses limites. Et celles de ses danseurs.

«Je ne veux pas voir de lignes, mais sentir l'impulsion interne, souligne-t-elle. Je cherche à déconstruire la chorégraphie pour voir ce qui peut arriver quand on place un corps en déséquilibre par le ralenti, par exemple.»

Tombera, tombera pas? Marilou Lépine tente de trouver un nouveau point d'équilibre - ou de rupture - entre la représentation (autant dans l'idée de se mettre soi-même en valeur en société que dans la notion de spectacle artistique) et l'authenticité des corps et du mouvement. Entre l'ultra conscience et l'inconscience.

«Le Ça du titre renvoie au surmoi, à l'idée des pulsions intimes, inconscientes, avec lesquelles on lutte tous. J'avais envie de travailler autour d'une notion de vérité et de simplicité, autant que cela est possible en danse, où, justement, on chorégraphie le moindre mouvement... même quand on dit improviser! Le Ça du titre, c'est aussi juste "ça", c'est-à-dire le résultat de ma démarche, ce que je vais présenter au public», explique Marilou Lépine.

L'Ottavienne sourit en coin. «Ce qu'on met en scène devient toujours un peu faux. En voulant atteindre une pureté et une vérité sur scène, je me contredis déjà! Je suis donc consciente que je n'offrirai pas de réponse, avec 'ça'!» renchérit-elle, en rigolant.

Car un(e) interprète peut-il faire totalement abstraction du fait qu'il ou elle bouge devant un public? Est-ce que la simplicité, le naturel ne peuvent qu'être conceptuels, en danse? Ce dont la chorégraphie témoigne doit-il à tout prix être compris par les spectateurs?

«Ce sont toutes des questions qui m'interpellent en ce moment, fait valoir Marilou Lépine. Je me suis blessée, il y a un an et demi, et ça m'a obligée à revoir pourquoi je fais ce métier, à me demander si ce que je crée doit absolument révéler qui je suis...»

Des premières

Pour la chorégraphe, Le Ça/The Id marque ainsi plusieurs premières.

Non seulement s'agit-il de sa pièce «la plus dansée», mais c'est aussi celle dans laquelle elle n'a recours «qu'aux seuls mouvements» pour exprimer sa pensée, sans accessoires, si ce n'est l'éclairage et les fondus au noir entre ses tableaux. 

De plus, son oeuvre est interprétée par un groupe de cinq danseurs (Simon Renaud, Charles Cardin-Bourbeau, Jasmine Inns, Kay Kenney et Fraser MacKinnon), «un nouveau défi» pour elle, qui a dû créer une cohésion entre eux, les diriger, voire gérer leur emploi du temps, entre autres.

En complément de Le Ça/The Id, le Centre de danse contemporaine d'Ottawa proposera aussi, lors des trois représentations prévues à la Cour des arts et en collaboration avec le Festival Danse Canada qui se met parallèlement en branle samedi, Start (Imagine Now) d'Yvonne Coutts. Charles Cardin-Bourbeau, Jasmine Inns, Kay Kenney et Simon Renaud, tous quatre finissants de l'École de danse d'Ottawa, danseront également dans cette pièce.

Pour y aller

Quand? Les 4 (17h30), 5 (16h) et 6 juin (19h) 

Où? Cour des arts

Renseignements: 613-233-6266 ou odd-cdc.org

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