La chorégraphe des favelas

Convaincue de l'impact de l'art sur la vie... (Courtoisie)

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Convaincue de l'impact de l'art sur la vie des gens, la chorégraphe Sona Destri Lie a créé un regroupement de danseurs de rue il y a 10 ans.

Courtoisie

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Olá Brasil! La danse au CNA s'affiche aux couleurs du Brésil en avril. Elle reçoit la São Paulo Companhia de Dança (26 avril), ainsi que la Companhia urbana de dança de Rio de Janeiro (21-22 avril) dirigée par Sonia Destri Lie.

Sa particularité? Recruter les danseurs parmi les favelas de la ville. Convaincue de l'impact de l'art sur la vie des gens, la chorégraphe et directrice artistique a créé un regroupement de danseurs de rue il y a 10 ans. Son style puise ses racines dans la liberté et la souplesse du hip-hop ainsi que dans la danse et l'esthétique contemporaine du Brésil. 

«Je vivais en Allemagne, à l'époque. On m'a invitée à revenir au Brésil chorégraphier un show de mode. J'ai été surprise de voir combien d'excellents danseurs se présentaient aux auditions», se souvient-elle. 

Sonia Destri Lie s'engage sur de multiples fronts depuis la création de sa compagnie, en 2005. Parallèlement aux spectacles, elle anime des ateliers auprès du grand public au fil des tournées. «Tout le monde y danse, même ceux qui ne pensaient jamais pouvoir!» clame-t-elle. Redonner confiance en soi, c'est un peu la mission que poursuit Sonia Destri Lie. 

«Les danseurs de la compagnie sont venus me demander de l'aide, dit-elle. Désormais ce sont eux qui font de moi une meilleure personne.» 

À Rio, la directrice peine à trouver un lieu de répétition. Le seul espace disponible lui ouvre ses portes de 23h à 3h du matin. «Ce n'était pas des horaires faciles, poursuit-elle. C'est la raison pour laquelle la compagnie ne comprend qu'une seule femme parmi huit danseurs.» Certains viennent de loin pour s'y rendre, d'autres doivent braver l'opposition parentale. «Mon père refuse toujours d'approuver ma carrière», témoigne Jessica Nascimento, la seule danseuse de la troupe.

De brèves bios insérées dans le programme ébouriffent la présentation des artistes: tous évoquent l'environnement dangereux dans lequel ils auraient pu sombrer sans la danse, véritable voie du salut.   

Composée en deux parties (1h40 avec entracte), la soirée débute par la pièce ID: Entidades, «une chorégraphie qui montre toute l'âme et la beauté de cette compagnie, assure Sonia Destri Lie. Cette pièce constitue ma carte de visite». Elle sera suivie par Na Pista, inspirée des rues de Rio de Janeiro, des bidonvilles et de la force vitale qui s'y déploie. 

Ce n'est pas la première fois que le CNA accueille des danseurs issus des favelas de Rio... On se souvient encore de l'énergie féroce incarnée sur scène par les interprètes d'Agwa de Mourad Merzouki (2012), de leur performance inouïe animée par l'urgence - quasi euphorique - de danser. 

«Mourad Merzouki a pris mes interprètes!» s'emporte Sonia Destri Lie, préférant ne pas s'attarder sur «cette histoire pas jolie». La directrice carbure au futur plutôt qu'au passé décomposé. Le gouvernement ne subventionne pas les troupes de danse. Heureusement, la compagnie tourne beaucoup, en particulier aux États-Unis

ID: Entidades a été nominée pour un prix Bessie en 2010 et a figuré au palmarès des dix meilleurs spectacles de l'année de Time Out New York et du New York Times.

Pour y aller

Quand? Les 21 et 22 avril

Où? Centre national des arts

Renseignements: Billetterie du CNA, au 613-947-7000; TicketMaster.ca, 1-866-850-2787

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