La danse, d'homme à homme

Jusqu'où iront les sept loustics de Danse de... (Courtoisie)

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Jusqu'où iront les sept loustics de Danse de garçons? Réponse à La Nouvelle Scène, la semaine prochaine.

Courtoisie

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Qui a dit que la danse était destinée aux filles? Certainement pas les sept interprètes de Danse de garçons, une production exclusivement masculine de Danse K par K présentée par le Théâtre la Catapulte du 14 au 16 avril.

Sa chorégraphe Karine Ledoyen est formelle: «En dansant avec cette énergie-là, ils peuvent tenir 50 minutes, mais pas plus.»

Moins d'une heure de spectacle, donc, pour exprimer ce que signifie la masculinité en 2016. «On les découvre à travers des jeux étranges, explique-t-elle, par des rapports de force, de complicité et de fraternité, de pulsions ambiguës aussi.» 

Ce projet patiemment mûri sur deux ans d'ateliers n'avait pas vocation à produire un spectacle mais satisfaire la curiosité de comédiens professionnels intéressés à explorer l'univers de la danse. 

Après avoir assisté à la chorégraphie Uprising d'Hofesh Shechter, le comédien Éliot Laprise vit un électrochoc artistique. «Il est ressorti du spectacle gonflé à bloc, raconte Karine Ledoyen, il avait envie de se mettre en action et m'a contactée.»

Avec cinq autres camarades issus du Conservatoire d'art dramatique de Québec, les comédiens se lancent dans une exploration singulière du mouvement. 

«Je me souviens de cette pulsion initiale de voir ce que la danse ferait de leurs corps», témoigne leur mentor. Ils découvriront bien vite que la danse possède un pouvoir exutoire incomparable.

Un jour de répétitions, elle ouvre les portes de son laboratoire à Marie Gignac, la directrice artistique du Carrefour international de théâtre de Québec. Vendu! La programmatrice lui commande un spectacle pour l' édition suivante de son festival. Le rythme de production s'accélère...

«À partir de ce moment-là, je n'étais plus chorégraphe mais protectrice, poursuit Mme Ledoyen. Il s'agissait de protéger l'énergie développée ensemble, d'organiser l'espace selon leurs corps.»

Pas de tabous, pas de faux-semblants. La chorégraphe creuse pour trouver un terrain d'entente avec ses interprètes, aspirants danseurs. «Jamais un gars ne va évoquer ses émotions directement, note-t-elle. Parler d'eux passait instinctivement par des actions et de façon accidentelle.»

Elle glisse parmi la distribution un danseur professionnel, Fabien Piché, qui agira à titre de référent et de traducteur quand les consignes se font trop «techniques».  

Cette pièce, déjà présentée en 2013, deviendra un ballet viril sans cesse en train de réinventer le corps au singulier et au pluriel, dans une série de situations qui se génèrent les unes les autres à la recherche de la masculinité. «Qu'est-ce qu'un gars en 2016, ni fleur bleue ni grosse brute?» questionne la chorégraphe. 

L'homme qui danse est un thème en vogue sur nos scènes contemporaines. Outre la pièce Uprising présentée en 2009 au Centre national des arts, concentré d'énergie virile étourdissant, impossible d'oublier Still Standing You de Pieter Ampe  et Guilherme Garrido, deux performeurs athlétiques qui ont fait danser leur corps jusqu'au bout de leur sexe en 2013.

Jusqu'où iront les sept loustics de Danse de garçons? Réponse à La Nouvelle Scène, la semaine prochaine.

Pour y aller

Quand? Du 14 au 16 avril

Où? La Nouvelle Scène

Renseignements: 613-241-2727 ou www.nouvellescene.com

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