Sylphide et philtre d'amour

Francesco Gabriele Frola, dans les chaussons de James,... (Courtoisie)

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Francesco Gabriele Frola, dans les chaussons de James, et Jurgita Dronina, dans ceux de la Sylphide.

Courtoisie

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CRITIQUE / Après Toronto, le CNA accueille La Sylphide jusqu'au 9 avril, interprétée du mieux qu'il put par le Ballet national du Canada.

Un classique surprenant des ballets romantiques, à contre-courant du genre: court (1h30 incluant l'entracte) et sans rebondissement, il finit mal pour le fiancé éconduit du récit. Redessinée par le chorégraphe danois Johan Kobborg qui fut soliste principal au Royal Ballet de Londres, cette version offre une belle leçon de style, d'élégance et de légèreté.

Pourtant, il manque un je-ne-sais-quoi pour redonner au vieux chef-d'oeuvre un éclat un peu oublié. Dispensable. 

Sombre salon rustique pour kilts virevoltant: l'action se déroule en Écosse dans la haute société. Des fiançailles se préparent en grande pompe. Au moment de s'engager, le fiancé James s'éprend d'une sylphide, invisible à tous, sauf à lui-même et il en tombe amoureux. Elle l'entraîne dans une clairière; une sorcière donne au jeune homme une écharpe qui lui permettra de saisir la sylphide. Hélas! dès qu'il la tient captive, elle meurt. Et ce n'est pas tout: la fiancée du début finira par épouser le rival de James... ô désespoir!

Pour la petite histoire, ce ballet romantique de coeurs brisés est l'oeuvre d'Adolphe Nourrit (pour le livret) et de Jean Schneitzhoeffer pour la musique. Il a été créé en 1832 à l'Opéra de Paris. En 1836, Auguste Bournonville propose une nouvelle version pour l'opéra de Copenhague, chorégraphie dont le Johan Kobborg s'est inspiré. 

Sans fausse pudeur, James dialogue avec ses fantômes et ses fantasmes. Comment traduire par la danse ce drame plus intérieur qu'extérieur? 

Corps souples, bras volatiles, âme inquiète, voici la fatalité amoureuse dans toute sa volupté. Le Ballet national du Canada ne lésine pas sur les jeux de jambes pour insuffler quelques rebondissements à un ballet qui en manque cruellement: une mirifique combinaison de beaux costumes écossais et de danse emportée à toute allure éclipserait presque la pâleur narrative de la Sylphide

Francesco Gabriele Frola dans les chaussons de James et Jurgita Dronina dans ceux de la Sylphide forment, le soir de la première, un couple séduisant. Elle possède la légèreté ailée de son personnage (pourtant mal outillé avec ses oreilles de Mickey collées dans le dos); lui, tout feu tout flamme, étonne par sa physicalité puissante et précise à la fois.      

Ce duo interdit finira par nous entraîner dans une spirale infernale de tutus en pleine forêt. Là mijote la marmite de la méchante sorcière et passe furtivement un voile empoisonné. Un ballet pas assez pointu pour que ses protagonistes touchent le ciel?

Pour y aller

Où? Salle Southam du CNA

Quand? Jusqu'au 9 avril, 20 h

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; TicketMaster.ca, 1-888-991-2787

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