Pas de chinoiserie pour le Hong Kong Ballet

De toute évidence, le Hong Kong Ballet ne... (Courtoisie)

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De toute évidence, le Hong Kong Ballet ne renie pas ses origines. Sa distribution est majoritairement asiatique «et très jeune», précise Cynthia Harvey.

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Dès mardi soir, le CNA accueille pour la première fois le Hong Kong Ballet, l'une des institutions les plus prometteuses de la danse asiatique.

Pour ses débuts au CNA, la compagnie bénéficie d'une généreuse vitrine: elle proposera d'abord un programme mixte d'oeuvres contemporaines (1er mars, 20 h), suivi deux jours plus tard de La Belle au bois dormant, ballet classique et familial par excellence (3-5 mars).

De quoi faire connaissance avec une compagnie en plein essor et bien décidée à se démarquer sur la scène internationale. 

Ne cherchez pas l'orientalisme, l'exotisme du «style asiatique»! Le Hong Kong Ballet, dirigé depuis 2009 par la première ballerine suédoise Madeleine Onne, se tourne surtout vers l'Occident en matière d'inspiration artistique.

Sa directrice a fait appel à l'ancienne danseuse étoile Cynthia Harvey dans la production de La Belle au bois dormant.

«Elle savait que mes goûts sauraient satisfaire ceux d'un public asiatique,» partage la productrice et chorégraphe qui s'est fortement inspirée du ballet original signé Marius Petipa. 

Même la scénographie et les costumes, qui devaient à l'origine être créés par un collaborateur chinois, ont finalement été confiés à l'Anglais Mark Bailey, un habitué des productions à grand déploiement. 

«Les gens à Hong Kong aiment les dorures et tout ce qui brille», explique Cynthia Harvey.

Dans sa production, les choix esthétiques de La Belle au bois dormant reflètent le faste de l'époque Louis XIV et rendent hommage à la galerie des Glaces du château de Versailles.

«C'est luxuriant et chargé», résume la conceptrice, ton sur ton avec cette chorégraphie à haut potentiel féérique et emphatique.

Sur la musique de Tchaïkovski interprétée par l'Orchestre du CNA, l'histoire de ce ballet est un exemple parfait de la conduite amoureuse classique.

La scène des quatre prétendants de la princesse Aurore fait passer la jeune fille de bras en bras au gré d'une série d'équilibres périlleux. «Le test suprême pour une danseuse!», rappelle Cynthia Harvey. 

L'homme qui assurera la beauté rigoureuse de ses arabesques gagnera-t-il le gros lot? Dans le premier acte, le prince indien a été remplacé par son homologue chinois.

La rencontre avec le Prince Désiré - rien que le prénom est censé faire monter la température - fait alterner le premier danseur invité Friedemann Vogel et l'interprète Jia-bo Li. De toute évidence, le Hong Kong Ballet ne renie pas ses origines. Sa distribution est majoritairement asiatique «et très jeune», précise Cynthia Harvey. 

«Les danseurs asiatiques travaillent très fort, note-t-elle. À tel point qu'il a fallu que je leur dise parfois d'arrêter, de peur qu'ils se blessent.»

Après l'Amérique au XXe siècle, l'Asie semble bien devenir le nouvel eldorado du ballet: le marché est vaste, les compagnies se multiplient, les capitaux existent et les talents s'y développent rapidement. Coaché par les meilleurs Occidentaux, le Hong Kong Ballet pourrait bien mettre sur pointe sa propre renommée.

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