Danser léger, léger

Lancée mercredi soir, la série Face à face... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Lancée mercredi soir, la série Face à face fait marcher son public entre le studio du CNA et la Cour des arts; le temps d'attraper in extremis le tournoyant Not About Everything du Belge Daniel Linehan.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE / Bas les pantalons! Tous en bobettes et en chaussettes! Les trois premiers spectacles de la série Face à face avaient ceci en commun: on y dansait plutôt décontractés.

Le festival étalé sur quatre jours continue d'attirer le spectateur vers de nouvelles voix en danse contemporaine. «Proximité» et «intimité» donnent le ton de cette manifestation présentée par le CNA et ODD dans de petites salles. Lancée mercredi soir par deux programmes doubles, elle fait marcher son public entre le studio du CNA et la Cour des arts; le temps d'attraper in extremis le tournoyant Not About Everything du Belge Daniel Linehan. Au programme de cette semaine intensive de danse? Cinq compagnies internationales et autant de pays représentés. À découvrir jusqu'au 27 février.  

Au studio du CNA, le chorégraphe finlandais Ima Iduozee ne s'est pas trop foulé pour trouver le titre de son solo This is the Title. En revanche, sur scène, c'est une autre histoire. Le jeune danseur issu du hip hop a ouvert la soirée sur un plateau blanc, sans musique ni artifice. Retour à l'espace vide, au mouvement brut et au souffle audible. On gardera en mémoire sa silhouette fine en train de vriller au sol, une jambe lancée par-dessus l'autre, menant son combat contre la gravité avec un fascinant sens du déséquilibre et du geste en suspension. 

Enchaînement des spectacles oblige, on restera dans la salle pendant le changement de plateau pour accueillir Idan Sharabi & Dancers, compagnie israélienne venue présenter Ours. Un duo «gay friendly», drôle et décalé, qui a débuté avec les présentations d'usage: les danseurs sont venus saluer les spectateurs individuellement à leurs sièges. 

La suite s'est avérée moins conventionnelle. «Il paraît qu'on peut mourir en pétant et en éternuant en même temps», ose la première séquence. Ours pousse ses pions dans les recoins de l'inconfort tout en questionnant le concept du «chez-soi».   

La pièce s'impose in fine comme un vrai parti pris dont la puissance, très sexuelle, éclate sur le plateau avec une vigueur chorégraphique sans appel. Le tandem de danseurs, très complices, séduit autant qu'il fait rire. Saisissante incongruité ce cette beauté ambiguë et barbue: on y croit! 

Mais le temps fort de la soirée fut certainement l'étourdissant solo de Daniel Linehan dont on se souviendra longtemps encore. Plus de 30 minutes de transe giratoire au centre d'un cercle formé par les spectateurs... passé l'intriguant effet visuel du corps tournant sur lui même, un étrange phénomène s'opère. L'interaction malicieuse entre le danseur et les spectateurs, au début du solo, conduit ensuite à une curieuse sensation d'être pris au piège. Fusion visuelle hypnotique où l'on ne sait plus trop où poser son regard pour éviter le vertige. Attention, émotions fortes! Une expérience de spectateur à vivre...

Pour y aller

Où? Centre national des arts et Cour des arts

Quand? Jusqu'au 27 février

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; TicketMaster.ca, 1-888-991-2787

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