Peggy Baker, à corps perdus

La chorégraphe Peggy Baker revient à la Cour... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

La chorégraphe Peggy Baker revient à la Cour des arts pour présenter sa nouvelle création.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Grâce et précision. Une combinaison que la danseuse et chorégraphe Peggy Baker, grande dame de la danse au Canada, a affûtée avec un design unique.

Clarté du geste et mordant de l'interprétation, ses chorégraphies ont pris le métier d'assaut en se concentrant essentiellement sur des solos remarqués. Peggy Baker a reçu le Prix du Gouverneur général pour l'ensemble des réalisations en 2009.

Un an plus tard, la chorégraphe alors âgée de 57 ans change de cap et s'intéresse aux oeuvres pour petits ensembles avec sa compagnie Peggy Baker Dance Projects. «J'ai ressenti le besoin de m'écarter du solo, dit-elle, la danse que je pratiquais n'était plus dans mes moyens.»

Le Centre de danse contemporaine ODD l'accueille du 19 au 21 novembre pour l'une de ses premières oeuvres post-solo: Armour du chorégraphe américain Doug Varone qu'elle interprète avec un autre danseur chevronné, Larry Hahn, suivi de Coalesce, qu'elle a créée pour trois danseurs.

Ces deux pièces en disent long sur l'incroyable cocasserie de son inspiration et sa tout aussi formidable liberté.

«Une amie artiste m'a envoyé un jour une vidéo de fourmis se baladant sur le comptoir d'une cuisine, raconte-t-elle. En accélérant ou en ralentissant leur mouvement, en le reculant aussi, la vidéaste avait monté tout une chorégraphie.»

Peggy Baker prolonge ces exercices de métamorphoses qui font glisser de l'humain à l'animal - thème crucial du programme - «où le mouvement n'est pas connecté à la vue mais à d'autres paramètres physiques comme les vibrations, la chaleur ou les odeurs. Cette fois, j'ai voulu ne pas établir le comportement humain comme modèle mais chercher ailleurs, au-delà de la danse», poursuit-elle.

La chorégraphe développe de multiples stratégies pour entretenir sa quête de renouveau: chercher l'inspiration aussi bien dans les arts visuels que dans la science, opter pour une ligne chorégraphique qui questionne notre rapport au mouvement et au corps. Et surtout, rester à la pointe de la danse en continuant à suivre des cours, «à raison d'une heure par jour, partage-t-elle. Une façon de s'entretenir et de continuer à s'améliorer.»

Généreuse, téméraire, Peggy Baker aime aussi faire danser tous les corps. L'an dernier, elle a développé un projet intitulé FluxDelux, à destination du grand public, rassemblant débutants et professionnels, valides ou non valides autour d'une chorégraphie collective et connectée. Le concept? Les participants téléchargent une application sur leur téléphone intelligent en fonction de leur condition physique. Elle leur fournit des directives pour se déplacer. Les interprètes en fauteuil roulant ou malentendants peuvent également y participer.

«Dans les années 1980, les tournées de spectacle se résumaient à ceci: on arrivait dans une ville, on dansait puis on repartait. C'est dommage de ne pas avoir fait pousser de racines plus profondes dans la communauté.»

Dans la veine des flash mob, FluxDelux donne rendez-vous aux participants le dimanche 22 novembre, de 13h30 à 15h, à l'Université Carleton (inscriptions au www.peggybakerdance.com).

Pour y aller

Quand? Du 19 au 21 novembre, 19h30

Où? Cour des arts

Renseignements: 613-233-6266 ou www.odd-cdc.org

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer