barbarians, entre nature et culture

Le spectacle barbarians «soulève la rupture entre notre... (Courtoisie, Gabriele Zucca)

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Le spectacle barbarians «soulève la rupture entre notre esprit, nos espoirs, nos voeux d'un côté, et notre corps et ses besoins de l'autre», selon le chorégraphe Hofesh Shechter.

Courtoisie, Gabriele Zucca

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«Two completely different angles of the same fucking thing.» Hofesh Shechter n'y va pas par quatre chemins pour titrer ses pièces, dont trois composent le spectacle barbarians, au CNA mardi et mercredi soir. Comprenez vite fait, bien fait «deux angles complètement différents de la même putain de chose» et le reste qui va avec. C'est dit.

Quand le chorégraphe et musicien israélo-britannique répond à nos questions via courriel, il fait valser «fuck» avec toutes sortes de prépositions. Une façon de s'exprimer qui n'est pas sans rappeler son attaque furibarde du plateau. Son nouvel opus barbarians fonce tous azimuts dans l'irrévérence. Il décoche des fragments chorégraphiques dansés aussi bien sur du baroque que de l'électro hardcore. Présentation.

«barbarians soulève la rupture entre notre esprit, nos espoirs, nos voeux d'un côté, et notre corps et ses besoins de l'autre, explique le chorégraphe. La pièce explore le conflit entre la culture, les règles fixées autour de nous et ce qui se passe réellement, contrôlé par les besoins de chacun, par l'instinct. Nous faisons tous des plans que nous foutons en l'air à cause des instincts qui nous guident... ce qui se passe réellement n'est pas ce que nous avions envisagé...»

Il y a, on le sait, chez Hofesh Shechter, un côté explosif qui bombarde à bout portant tous les subterfuges et tend un miroir, parfois peu reluisant, à l'être humain.

«Le terme barbarians me fait penser à la signification que nous donnons à un groupe d'humains dirigé par des pulsions et des envies animales, plutôt que par la culture. Je ne sais pas très bien où nous nous situons» avoue-t-il.

Danse en trois temps

Le programme pensé comme une trilogie - «selon une volonté de créer avec trois énergies différentes» - s'ouvrira par the barbarians in love (2014), une pièce pour six danseurs où la musique baroque se fraie une place inattendue.

«Je n'y croyais pas complètement, il y a quelque chose de pompeux rattaché au baroque, reconnaît le chorégraphe, mais aussi beaucoup de beauté pure. Ça m'a poussé à essayer quelque chose de différent.»

La deuxième pièce, tHE bAD, fait danser cinq interprètes sur une musique qui groove, comme une transe «où l'esprit lâcherait prise, où ce qui doit advenir, advient. Alors que la première pièce se termine plutôt lourdement, la deuxième nous emmène dans une zone plus légère.»

Quant à la fameuse Two completely different angles of the same fucking thing, il s'agit d'un duo conclusif mais également de «la pièce centrale de la soirée, où les deux chorégraphies précédentes trouvent un écho et ajoutent aux sensations que cette dernière chorégraphie évoque».

Hofesh Shechter appartient à cette frange d'artistes (de plus en plus nombreux) qui multiplient les cordes à leur arc avec un talent épatant. Percussionniste de formation, il tient à composer lui-même la musique de ses spectacles. «Il y a un sentiment libérateur à pouvoir contrôler aussi bien la danse que la musique, dit-il. La musique joue un rôle prépondérant dans le rythme de la pièce, dans les changements d'atmosphère et le timing. Être capable de considérer le spectacle comme un tout - aux niveaux visuel et sonore - signifie que le travail a atteint un degré d'épanouissement dans l'énergie qu'il déploie.»

Pour y aller

Quand? Du 10 au 11 février, 19h30

Où? Centre national des arts

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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