Umusuna, Terre des Hommes

Avec Umusuna, le chorégraphe nippon Ushio Amagatsu revisite... (Courtoisie)

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Avec Umusuna, le chorégraphe nippon Ushio Amagatsu revisite la relation entre la Terre et l'Homme.

Courtoisie

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Umusuna désigne, en vieux japonais, «l'endroit où l'on vient au monde». En faisant de ce terme le titre de l'oeuvre, présentée mardi soir au Centre national des arts par sa compagnie de buto, le chorégraphe nippon Ushio Amagatsu revisite la relation entre la Terre et l'Homme.

«À mes yeux, la relation entre une personne et son lieu de naissance est profondément teintée par les éléments de la nature qui composent ce lieu», explique M. Amagatsu, récemment joint par courriel.

«Je ne crois pas que cette relation ait changé au fil du temps. C'est donc là le motif de base d'Umusuna et de mon propos», enchaîne le fondateur et directeur artistique de la compagnie Sankai Juku.

Né à Yokosuka en 1949, ayant grandi au bord de l'eau, Ushio Amagatsu porte encore ces impressions de soleil levant ou couchant, de «frontières mouvantes entre terre et mer», de camaïeux de couleurs. Et, plus encore, de ce «sentiment d'éternité» que la répétition quotidienne de ce spectacle lui procurait.

«Je n'ai pas tant voulu rendre compte concrètement du tremblement de terre et du tsunami qui ont secoué le Japon, dans cette création [datée de 2012]. J'avais plutôt envie d'exprimer cette nature dans ce qu'elle a de plus universel et d'abstrait à la fois.»

Il n'est donc pas surprenant que les quatre éléments - l'eau et la terre, en plus du feu et de l'air - soient évoqués par les neuf danseurs masculins de sa pièce et les couleurs de leurs costumes.

Ni que le temps soit partie prenante d'Umusuna, dont le sous-titre est Mémoires d'avant l'histoire. Le temps s'incarne dans le sable s'écoulant sur scène pour mieux devenir ensuite élément du décor.

«J'ai utilisé le sable dans Unetsu, en 1986, pour la première fois, raconte le chorégraphe. Si l'on considère que l'eau symbolise la vie, alors le sable représente le stade ultime de cette dernière. L'eau s'étend à l'horizontale, tandis que le sable s'accumule à la verticale, témoignant du temps qui passe.»

Sous les pieds des danseurs ou dans leurs mains, le sable s'imprègne également de ce temps qui passe.

«Les empreintes que laissent les interprètes dans la fine couche de sable sur la scène reflètent leurs mouvements, deviennent le relief des 90 minutes de leur présence.»

Pour Ushio Amagatsu, le buto incarne d'ailleurs un «dialogue avec la gravité».

«Pour certains, notre manière de danser s'apparente à des mouvements au ralenti, alors que ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt le résultat d'un équilibre, d'une délicate correspondance avec la gravité», soutient-il.

Pour y aller

Quand? Le 3 novembre, 20h

Où? Centre national des arts

Renseignements: 1-888-991-2787; ticketmaster.ca

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