Gravel revient à la maison

Quand on lui demande de définir son style,... (Courtoisie, Juan Saez)

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Quand on lui demande de définir son style, Frédérick Gravel répond sans hésiter. «Ce sont des performances, des concerts chorégraphiques d'art contemporain. C'est brut, pas très poli... et réfléchi.»

Courtoisie, Juan Saez

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France, Belgique, Danemark, Allemagne, Italie, Londres, Pays-Bas et États-Unis: depuis 2009, le chorégraphe, danseur et musicien Frédérick Gravel parcourt le monde avec ses décapantes oeuvres hybrides. Il débarque ce soir à Ottawa pour la toute première fois avec Tout se pète la gueule, chérie dans le cadre du Festival Danse Canada. Mieux vaut tard que jamais.

Encensé par les quotidiens français Le Monde, Libération et L'Humanité, pour ne nommer que ceux-là, l'étoile montante de la danse est heureux de pouvoir enfin montrer son travail dans la région de la capitale nationale. «Ce n'est que depuis l'an dernier que mes spectacles sont présentés au Canada, reconnaît-il. C'est plus facile de tourner en Europe, il y a davantage de lieux de diffusion pour la danse, sans oublier que les festivals - qui bénéficient de subventions importantes - ont les moyens d'inviter des artistes étrangers. Nul n'est prophète dans son pays. C'est dommage, mais c'est comme ça...»

Les origines du chorégraphe

Né à Montréal, il a grandi dans Lanaudière, là où sa mère dirige une école de danse depuis 35 ans. Bien entendu, il y a fait ses premiers pas, la chose allait de soi. «Je baigne dans les arts depuis ma tendre enfance, se souvient-il. Ma mère m'amenait voir plein de spectacles. Même s'ils étaient inquiets que je me lance dans ce domaine-là - on sait combien le milieu est difficile et incertain -, mes parents m'ont toujours encouragé à aller au bout de mes rêves.»

C'est pourtant le journalisme qui fut son premier choix de carrière, lui qui a d'abord suivi des études en sciences politiques avant de faire un baccalauréat et une maîtrise en danse à l'UQAM. «Mon mémoire portait sur le rôle de l'artiste en danse dans une société démocratique, explique-t-il. Ce travail de recherche continue de nourrir ma réflexion et j'envisage même faire un doctorat pour enrichir mon propre discours.»

En 2008, Frédérick Gravel a signé la chorégraphie du spectacle Mutantès de Pierre Lapointe. «Pierre a vu un de mes shows obscurs en 2006, je crois, et ça lui a plu. Quand on y pense, j'ai présenté une de mes premières créations - ou collaboration pour être plus précis - à la salle Wilfred-Pelletier qui fait 3000 places. Je ne sais même pas si je vais pouvoir y retourner un jour avec un spectacle signé en entier par moi-même!», dit-il à la blague en riant aux éclats.

D'emblée, il reconnaît que cette expérience lui a apporté une forme de reconnaissance et qu'elle lui a ouvert des portes. L'année suivante, en 2009, il présentait Gravel Works au Festival TransAmériques, spectacle qui fut ensuite invité aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.

Quand on lui demande de définir son style, sa réponse ne se fait pas attendre. «Ne pensez pas voir de la danse contemporaine au sens strict du terme dans mes spectacles. Ce sont des performances, des concerts chorégraphiques d'art contemporain. C'est brut, pas très poli... et réfléchi. Par exemple, Tout se pète la gueule, chérie est une tragicomédie qui porte sur le désarroi, sur une jeunesse habitée par une forte énergie brute, mais aussi par un sentiment d'impuissance qui naît de la difficulté de s'inscrire dans le monde», conclut l'artiste de 36 ans qui, comme les jeunes d'aujourd'hui, fut autrefois tenaillé par le même questionnement.

POUR Y ALLER

Où : Centre national des arts

Quand : Ce soir, 19 h

Renseignements : www.nac-cna.ca

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