Dirty Dancing sur les planches du CNA

Samuel Pergande (Johnny) et Gillian Abbott (Baby)... (Courtoisie)

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Samuel Pergande (Johnny) et Gillian Abbott (Baby)

Courtoisie

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Transposer Dirty Dancing au grand écran à la scène comportait son lot de défis, dont celui de décevoir les inconditionnel(les) du populaire long métrage de 1987. Sans totalement convaincre, la production présentée jusqu'à dimanche au Centre national des arts représente néanmoins un agréable moment fleurant bon la nostalgie.

L'adaptation pour les planches ayant été faite par la scénariste Eleanor Bergstein, celle-là-même qui avait écrit la trame du film mettant en vedette Patrick Swayze et Jennifer Grey, les moments forts se retrouvent néanmoins tous dans cette mouture à la sauce Broadway: des velléités de Lisa de faire le grand saut... jusque dans le lit de l'impénitent Robbie à l'avortement de Penny ; des melons qui ouvriront les quartiers des employés à Baby à sa prestation avec Johnny au Sheldrake.

Sur le plan technique, les projections, évoquant tantôt l'intérieur de la salle à manger du centre de villégiature, tantôt la chambre à coucher de Johnny, tantôt le studio de danse, s'avèrent efficaces à camper le décor. Leur côté kitsch assumé en a d'ailleurs fait rigoler plusieurs, notamment lors des scènes de répétitions du fameux porté. De plaisir ou de dérision? Les opinions étaient partagées. Il faut dire que si la séquence sur le tronc d'arbre, au cours de laquelle Johnny enseigne les notions d'équilibre à Baby, s'avérait franchement réussie, celle dans l'eau laissait plutôt... dubitatif.

Il faut toutefois saluer l'idée d'installer les musiciens au «deuxième étage» du décor, permettant ainsi au public de les voir jouer en direct, à certains moments.

Car il va sans dire que les pièces phares de Dirty Dancing, incluant Do You Love Me ou encore Love Is Strange, sont partie prenante du spectacle. Du lot, ressort nettement toute la séquence sur Hungry Eyes, qui devient la trame musicale de la transformation de Baby, qui se décoince et entre alors de plain-pied dans l'âge adulte.

À l'instar de l'héroïne, la danseuse et comédienne Gillian Abbott éclôt à partir de ce moment, et réussit à incarner une Baby nettement plus crédible et naturelle par la suite.

Dialogues plaqués

À quelques reprises, toutefois, la musique a enterré les dialogues - ou les a du moins rendus passablement plus difficiles à saisir. Or, c'est justement là que le bât blesse le plus, dans cette production: les échanges entre la plupart des personnages semblent plaqués, voire si forcés (comme dans le cas du père de Baby, incarné par Mark Elliot Wilson) qu'ils finissent par sonner creux.

De son côté, Samuel Pergande se déhanche certes de manière aussi convaincante que sensuelle, il n'arrive malheureusement pas à rendre son Johnny attachant. Le danseur a sans contredit le physique de l'emploi, mais il livre ses répliques sans intonation, sans émotion. Son personnage a beau être du genre à s'exprimer plus librement par la danse, il n'en demeure pas moins qu'un peu de nuances dans sa voix aurait pu donner une vraie dimension à son commentaire sur le vrai prénom de Baby, par exemple...

Qu'à cela ne tienne, la foule a vivement réagi lorsqu'il a sorti l'inévitable «On ne laisse pas Baby dans un coin», avant la fameuse chorégraphie du dernier tableau. Cette danse avait tout pour séduire les nostalgiques: la reprise de (I've Had) The Time Of My Life et, surtout, le tout aussi incontournable porté, solidement maintenu pendant près de 10 secondes au grand plaisir de la foule.

Pour y aller

QUAND? Jusqu'au dimanche 19 avril

OÙ? Centre national des arts

RENSEIGNEMENTS: TicketMaster.ca, 1-888-991-2787

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